Les premières études scientifiques sur le cannabis

Olivier F
05 Mar 2026

Le cannabis serait originaire d’Asie. Certains chercheurs pensent que les cannabis et le houblon formaient une seule plante appelée Cannabaceae avant de se séparer il y a plusieurs millions d’années Depuis plusieurs millénaires, la plante est connue pour ses propriétés thérapeutiques. En 2800 avant J.-C., le cannabis figurait dans la pharmacopée de l'empereur Shen Nung, considéré comme le père de la médecine traditionnelle chinoise. Il s’agit de la première trace écrite de l’utilisation du cannabis. 54.000 articles scientifiques sur le cannabis sont maintenant disponibles sur le site PubMed. L’article le plus ancien date de 1940.


Cette étude intitulée « Sur les préparations à base de chanvre indien, ou Gunjah (Cannabis indica), leurs effets sur la santé animale et leur utilité dans le traitement du tétanos et autres maladies convulsives » a été publiée le 10 juillet 1940 et concerne les travaux du Dr W.B O Shaughnessy, professeur de chimie au Medical College de Calcutta. 

A cette époque, les effets psychotropes du chanvre sont connus notamment dans le sud de l’Afrique, en Inde, en Asie Mineure, en Birmanie en Turquie, en Égypte, ou en Amérique du Sud. Dans ces pays, le chanvre est utilisé pour soigner de nombreuses affections.

En Europe de l’ouest, par contre,ses effets sont très peu connus. Le chanvre qui pousse en Europe, même dans le nord, est identique à celui qui pousse en orient mais il manque cette « sécrétion résineuse » qui provoque les effets du cannabis. Les plantes se ressemblent beaucoup et c’est seulement la différence de climat qui explique l’absence de résine.  

La plante de chanvre séchée, avec ses fleurs, sur laquelle la résine n’a pas été retirée, est appelée « gunjah ». En Inde et au Népal, le jus résineux, que l’on trouve sur les tiges, les feuilles et les fleurs du chanvre, est appelé « churrus » La résine de cannabis est soluble dans l’alcool est dans l’ether mais elle n’est pas soluble dans les solutions acides. 

L’étude suivante, intitulée « Observations sur les propriétés médicinales du cannabis sativa d’Inde » a été publié en mai 1843. L’auteur est John Clendinning, médecin à l’infirmerie de St. Marylebone. Dans ce document de 210 pages, 18 cas ont été  étudiés. L’objectif est de savoir si le cannabis pourrait se substituer à l’opium. « La seule catégorie de cas où j'ai constaté que le chanvre ne constitue pas un substitut efficace à l'opium, concerne les troubles intestinaux, tels que les diarrhées de la phtisie et de la fièvre légère à un stade avancé, des ulcérations intestinales anciennes, etc., et les affections dysentériques. Dans ces cas, l'opium est le remède de contrôle par excellence parmi les narcotiques, et n'admet aucun substitut », nous explique l’auteur.

L’étude «  Sur le tétanos traumatique et son traitement, avec quelques remarques sur l'extrait de cannabis indica du commerce » de J. Inglis a été publiée en mars 1945 « J'ai constaté que le gunjah, à doses d'un quart de grain, combiné avec l'opium ou la morphine, était d'un bienfait inouï. Mais ce remède, comme tous les autres rares, et par conséquent coûteux, est sujet à d'abominables adultérations, et il est donc honteusement falsifié », nous explique l’auteur.

Les dysménorrhées sont des douleurs au moment des règles « Un cas de dysménorrhée traité par la teinture de cannabis indica, avec quelques observations sur ce médicament » est le titre de cette publication de mars 1847. « Le cannabis étant l'une de ces drogues dont l'usage a été, je crois, très limité et peu connu, il peut être intéressant de présenter quelques détails sur la plante et sa préparation, ainsi qu'un bref aperçu de l'expérience de ceux qui l'ont utilisé comme remède médicinal », a écrit l'auteur Benjamin Barrow.   

Le texte « Cannabis Indica » a été publié le 24 mai 1890. Il relate l’expérience du Dr Russel Reynolds. Le médecin a étudié pendant 30 ans les usages thérapeutiques et les effets toxiques du cannabis. Il a obtenu des résultats intéressants dans le domaines des maladies mentales. Pour soigner l’insomnie sénile, le Dr. Reynolds n’a rien trouvé de mieux qu’un quart ou un tiers de grain d’extrait de cannabis (un grain égale 64.79891 milligrammes). 

En 2025, pour la 5eme année consécutive, les scientifiques du monde entier ont publié plus de 4000 articles sur le cannabis. Plus de 37 000 articles scientifiques sur le sujet ont été publiés depuis 2015. « Malgré l’idée reçue selon laquelle le cannabis n’a pas encore fait l’objet d’études scientifiques approfondies, l’intérêt des scientifiques pour son étude a connu une croissance exponentielle au cours de la dernière décennie, tout comme notre compréhension de la plante, de ses principes actifs, de leurs mécanismes d’action et de leurs effets sur le consommateur et la société », nous explique le directeur adjoint de NORML, Paul Armentano.

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