Derrière la fumée : l’échec de la campagne anti-cannabis du gouvernement

Olivier F
22 Sep 2021

Le gouvernement a lancé le 22 aout dernier une grande campagne anti-cannabis. La campagne est supervisée par le premier ministre Jean Castex avec le soutien du président Macron et du tristement célèbre ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, tous anti-cannabis notoires.


Le premier volet de cette grande campagne se décline sur plusieurs supports et écrans : affichage, encarts dans la presse et spots publicitaires diffusés sur internet, à la télévision et au cinéma. Il est totalement impossible de connaitre le budget de cette campagne de prévention, pourtant entièrement financée par l’argent du contribuable. Sa conception a été confiée à l’agence Publicis. Le gouvernement affirme que le montant des budgets des campagnes de prévention n’est jamais communiqué et assume donc ce manque de transparence. Nous ne disposons pas de chiffres précis mais cette grande campagne a été très couteuse et il s’agit bien d’un vaste gaspillage d’argent public.   

Trois thèmes sont abordées sur les affiches et dans le spot publicitaire : l’échec scolaire à cause de la consommation de cannabis, les accidents domestiques (ingestion de boulettes de haschisch par des enfants en bas age) et l’insécurité dans les banlieues à cause du trafic.

Comme souvent dans les débats sur le cannabis, les prohibitionnistes se focalisent sur la consommation des mineurs et sur la violence parfois générée par le trafic dans les cités dites sensibles, pour faire diversion et éviter d’aborder le véritable sujet qui est celui de la liberté de consommer la drogue de son choix Les anti-cannabis confondent les conséquences de la prohibition et celles de la consommation du produit qui ne pose pas de problème particulier pour la majorité des usagers.

La plupart des consommateurs de cannabis français, usagers thérapeutiques ou récréatifs, ne sont donc pas concernés par cette campagne. Certains cultivent leur propre cannabis, achètent par correspondance ou dans un cadre privé et ne participent donc pas au trafic dans les quartiers. Comme dans la population générale, la majorité des consommateurs de cannabis n’a pas d’enfants en bas age. Pour la plupart, les consommateurs ne sont pas lycéens ni étudiants en échec scolaire.

Il y aurait actuellement en France 5 millions de consommateurs réguliers. 44,8 % des français auraient déjà consommé du cannabis dans leur vie, ce qui fait de notre pays le champion d’Europe.

La réalisation des affiches et du spot publicitaire par Wilfrid Brillot pour la maison de production La Pac est plutôt ratée. Même les prohibitionnistes pourraient trouver ces publicités inefficaces. La campagne a été très mal accueillie par le public concerné. Comme le rapporte la page Twitter de l’association « Police contre la prohibition », le spot publicitaire a été hué dans une salle de cinéma.  

Le plus agaçant est de voir sur ces affiches la mention «  Liberté, égalité, fraternité », alors que le but de cette campagne et de la politique très répressive du gouvernement est justement de nous priver d’une liberté essentielle, celle de consommer du cannabis dans un but thérapeutique ou récréatif.

Le deuxième volet de cette campagne, qui sera lancé cet automne, concernera la sécurité routière. Parallèlement à la campagne de « prévention », de nombreux contrôles routiers auront lieu partout en France. L’objectif est de réaliser 800.000 tests salivaires supplémentaires pour détecter la consommation de cannabis au volant avant la fin de l’année.       

 

 

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Olivier F