Soupçonné d’avoir fumé un joint, un homme perd la vie à cause de la prohibition

Olivier F
23 Jan 2026

Ce trentenaire a été interpellé par la police dans le 20eme arrondissement. Les policiers l’auraient vu en train de fumer un joint. L’homme a été emmené au commissariat après avoir été « tasé ». Il est décédé après avoir fait un malaise.


Hacen Diarran est un homme de 35 ans originaire de Mauritanie qui vit dans un foyer du 20eme arrondissement. Le 14 janvier 2026, il est interpellé par des policiers des Brigades territoriales de contact (BTC). Le but des BTC, est de se rapprocher de la population. Les policiers l’auraient vu  en train rouler un joint.

Mais Hacen Diarran a t-il vraiment consommé du cannabis ? Les policiers eux-mêmes ont parlé d’une « matière brunâtre » qui ressemble à de la résine de cannabis, retrouvé sur le suspect  Selon Ladji Sako conseiller d’arrondissement, chargé des relations avec les foyers de travailleurs migrants, il était un fumeur de tabac mais n’était pas un consommateur habituel de cannabis : « S’il fumait des cigarettes, jamais je ne l’ai vu consommer du cannabis. Il n’avait même pas assez d’argent pour du tabac. Généralement, il ramassait des mégots dans la rue. »

L’homme avait un handicap mental. « Cela se voyait qu’il était porteur d’un handicap mental », explique Ladji Sako. « Il s’asseyait toujours à l’angle du foyer pour fumer sa cigarette et boire son café. C’était quelqu’un de silencieux et de calme. Jamais il n’y a eu de problème avec lui. Il n’était pas agressif »

Selon des témoins, était en train de boire un café lorsqu’il a été interpellé et frappé violemment : « Il y avait du sang partout sur le sol. »

Selon l’AFP (Agence France Presse) qui rapporte une source policière, il se serait rebellé et aurait refusé l’interpellation : « Il s’est rebellé et les policiers ont été contraints d’utiliser leur pistolet à impulsion électrique,”en mode contact ” au niveau du mollet, pour le maîtriser. » L’homme aurait été interpellé avec de faux documents administratifs.

Selon le parquet, pendant son interpellation, il aurait chuté au sol, entraînant deux policiers dans sa chute. Le parquet a ouvert une enquête pour rechercher les causes de la mort. L’enquête a confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). On appelle  l’IGPN, la police des polices.

Blessé à l’arcade, il attendait sur un banc du commissariat d’être emmené à l’hôpital pour y être soigné. Il a alors eu un malaise et est tombé du banc. Le corps d’Hacen Diarran a été transporté à l’institut médico-légal pour y être autopsié.

Selon le site Basta Media, qui a recensé les interventions policières létales, 5 gardés à vue seraient morts en 2023 et 8 en 2024, suite à des malaises ou à des arrêts cardiaques d’origine inconnue.

Selon le conseiller d’arrondissement Ladji Sakho, « la famille est bouleversée mais malgré tout, elle est déjà à pied d’œuvre pour que toute la lumière soit faite sur ce drame. »

Tous les moyens sont bons pour traquer les consommateurs et punir l’usage ou la possession de cannabis. Hacen Diarran est mort pour un joint qui n’a peut-être jamais existé. Il fait partie des victimes indirectes de la prohibition. En 2009 aux Etats-Unis, lors d’une interpellation un homme était mort après avoir avalé un sachet qui contenait de la marijuana.

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