Milan : des traces de cannabis dans des ossements vieux de plus de 300 ans
Des chercheurs ont retrouvé les substances psychoactives du cannabis dans des squelettes datant du XVIIe siècle à Milan. Du CBD et du THC ont été retrouvés dans 22 % des échantillons.
Cette étude scientifique, publiée dans le Journal of Archaeological Science, présente les résultats d'analyses toxicologiques pratiquées sur des échantillons osseux. Ces ossements proviennent de restes humains datés du XVIIe siècle qui ont été découverts dans une crypte en Italie à Milan. L’étude s’intéresse en particulier à la consommation de plantes à usage médical ou récréatif à Milan au XVIIe siècle.
Neuf échantillons de fémurs provenant de la crypte Ca' Granda de l l'Ospedale Maggiore, un hôpital à Milan ont été traités par extraction en phase solide (SPE) et analysés avec un spectromètre de masse à triple quadripôle. Les échantillons provenaient de neuf individus inhumés entre 1638 et 1697.
Les analyses archéotoxicologiques ont ont révélé la présence des deux principaux cannabinoïdes présents dans la plante de cannabis sativa L : le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) et le CBD (cannabidiol). Selon les chercheurs, « la présence de ces deux composés atteste de l'usage du cannabis au sein de la population italienne au XVIIe siècle »
« Nous émettons donc l'hypothèse que les individus étudiés consommaient du cannabis à des fins récréatives », nous expliquent les chercheurs Mais d’autres hypothèses ont été étudiées. Selon la documentation de l’époque de l’hôpital Ca’ Granda de Milan, le cannabis ne faisait pas partie de la pharmacopée. Mais il est possible que le cannabis ait été prescrit par des médecins à l’extérieur de l’hôpital ou qu’il s’agisse d’une exposition involontaire.
Le THC et le CBD ont été détectés dans deux des neuf échantillons fémoraux. Le THC et le CBD ont été détectés dans deux des neuf échantillons fémoraux. Cela représente 22 % des échantillons. « Les données analytiques obtenues apportent un éclairage nouveau sur les habitudes de la population étudiée, révélant une exposition à la plante dans la ville de Milan à l'époque moderne, probablement à des fins récréatives au vu des sources écrites… » Il pouvait également s’agir d’automédication, d’administration par des guérisseurs ou d’une « exposition professionnelle ou accidentelle. »
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