Dust, le French Strain Hunter
Dust est un cultivateur et breeder français installé en Espagne. Il fait partie des célèbres Strain Hunters, un groupe de passionnés qui parcourt le monde à la recherche des meilleures variétés de cannabis landraces. Le concept des Strain Hunters a été créé par le célèbre entrepreneur cannabique, propriétaire de Green House Seeds, Arjan Roskam et le regretté breeder Franco Loja. Une dizaine de documentaires passionnants sur leurs expéditions dans différents pays d’Asie, d’Afrique d’Amérique de Sud et des Caraïbes sont disponibles sur YouTube. Leur dernier documentaire a été tourné au Kirghizistan. Dust a déjà participé à trois expéditions avec les Chasseurs de variétés.
SSFR : A quel âge as-tu fumé ton premier joint ?
Dust : Mon premier joint, je devais avoir 12 ou 13 ans. C'était la première fois que j'ai essayé, mais je n'ai pas continué directement. C'était même pas un vrai joint. J'avais récupéré une feuille sur une plante, je l'avais fait sécher. J'avais roulé la feuille et je l'avais fumée. Vers l’âge de 14 ans, j’ai commencé à fumer, pas régulièrement, mais les week-ends avec les potes, de temps en temps.
D'où te vient le surnom Dust ?
De Counter-Strike. C'était mon nom de joueur en ligne. Quand je jouais en ligne, il y avait une « map » sur Counter-Strike qui s'appelait The Dust. Et du coup, c'était une de mes maps préférées.
Comment as-tu commencé à cultiver ?
Je travaillais dans le secteur de la construction en région parisienne. J’ai découvert des graines en hibernation sur le chantier d’une maison dans les Yvelines où un trou avait été creusé pour les fondations. Les pelleteuses sont venus pour creuser le trou et le lendemain, il y avait déjà des plantes qui poussaient sur le tas de terre. Donc, quelqu'un avait dû faire pousser une année antérieure et les graines en hibernation ont été retournées, sont remontées à surface et ont germé. Parce qu'elles étaient vraiment sur les monticules de terre, où il n'y avait aucune raison qu'elles soient là, les plantes. J'en avais déraciné, pour essayer de les replanter chez moi, mais elles n'ont pas duré très longtemps.
Ça, c'était mon introduction à la culture. Après, j'ai commencé à regarder vraiment en ligne. Comment ça fonctionnait, les nutriments, le cycle de lumière… Je n'avais pas vraiment de notion à l’époque.
Tu as rencontré les Strain Hunters Hunters pour la première fois à la première l’Expogrow d’Irun mais tu les connaissais déjà virtuellement…
C'est ça. J'avais beaucoup travaillé sur le forum avec eux. Je faisais beaucoup les live reports. Quand ils partaient en expédition, ils nous envoyaient des photos pour qu'on fasse des posts sur le forum, en direct. Je m'occupais de la modération du forum, et de répondre un peu au customer service, au service clientèle. Donc, oui, je faisais un peu de tout. Je faisait tout ce qui pouvait se faire en ligne depuis chez moi… Je travaillais toujours à l'époque, et à un moment, j'ai eu six mois de chômage, je crois. Et je me suis mis encore plus à fond sur le forum.
Tu as donc continué de travailler avec les Strain Hunters…
En 2014, on a ouvert le Strain Hunters Social Club avec Mister X à Barcelone… Franco habitait lui aussi à Barcelone, en Espagne. Comme moi, c’était un grand fan de hardcore et de musique techno. Et en Hollande, ils ont les énormes festivals. C'était des points communs, les motos, la bonne musique… Et donc, on a pas mal travaillé avec Franco sur plein de choses. J'ai pas mal voyagé avec lui aussi dans plein de pays. Donc, c'était une chouette expérience de pouvoir être aussi proche au début et de pouvoir apprendre comme une éponge de tous ces gens qui ont tant d'expériences, parce que quand tu les écoutes parler, tu peux apprendre des trucs qu'ils ont appris au bout de 40 ans. À force de rencontres, et à force de traîner avec eux, tu récupères plein d'informations qui sont importantes et qui ne sont pas accessibles à plein de gens.
Quelle était ta première expédition ?
Ma première expédition était en Afrique du Sud. Avant ça, on a beaucoup travaillé au Congo, et dans plein d'autres pays, en Afrique et en en Amérique du Sud, au Canada aussi, pendant quelques années. Avant l'expédition, je m’occupais surtout de culture, et vu que Franco était mort récemment, ça a pris un peu de temps aussi avant de reprendre les expéditions. Pendant ce temps-là, on a travaillé un petit peu partout dans le monde sur des projets... On a travaillé dans le cannabis médicinal. Quand on est allé au Canada, c'était pour le cannabis récréatif. On était au Canada, le jour de la légalisation. C'est le genre d'expérience qui est vraiment cool pour un passionné.
Quelles étaient vos activités au Canada ?
On avait une collaboration avec Canopy pendant deux ans. Il y avait trop de différences culturelles. La façon dont les grosses compagnies sont gérées ne convient pas toujours aux passionnés qui veulent vraiment un produit de qualité. Donc on a préféré arrêter, et on espère qu'un jour, on pourra y retourner. Mais pour l'instant, on est focus sur la Thaïlande à 100%, pour pouvoir mettre nos fleurs sur le marché européen, légalement partout, en Allemagne, en Angleterre, là où ils nous laissent le faire. Et ça, c'est le « main focus » pour l'instant.
Quel est le meilleur souvenir de tes expéditions ?
Il y a des moments incroyables dans toutes les expéditions. Même dans les voyages qu'on a pu faire qui ne sont pas des expéditions, par exemple, quand on est allé au Congo tous les mois avec Arjan, après la mort de Franco. On a vécu plein de situations au Congo qui sont tellement uniques, et que tu ne peux pas vivre dans d'autres endroits du monde. Donc c'est juste plein de souvenirs qui sont gravés et dont tu profites. Tu essayes de les absorber au maximum, tu les vis.
En Afrique du Sud, par exemple, on était sur une rivière que personne n'avait descendue en rafting. Pendant 5 jours, sans réseau mobile, sans rien, on faisait des campements tous les soirs et on regardait les étoiles…Tout l'environnement est majestueux. C'est la nature qui te frappe. Et au Kirghizistan, c'était pareil. La descente avec les chevaux, c'était tellement raide. Les chevaux sont en drift tout le temps. Tu es en stress, en pression pendant toute la descente. Et tout ça, une fois que ça passe, c'est le relâchement... C’est le soulagement quand tu arrives en bas et que tout s'est bien passé. Après, il y a la montée suivante et la descente suivante…
Et ton pire souvenir ?
Le pire que j'ai vécu dans les expéditions, c'est quand je me suis fait mal aux côtes en Afrique du Sud, le deuxième jour, je pense. J'ai toujours mal à la côte. Heureusement, on n'a jamais eu d'accident ou de mauvaise expérience avec le gouvernement ou la police pendant un expédition. Pas ds trucs vraiment dangereux pour l'instant.
Qui sont actuellement les membres des Strain Hunters ?
L’équipe principale, c’est Arjan, Mr X et moi. J'espère que Simon pourra revenir dans la prochaine expédition. Et maintenant, il y aussi la nouvelle génération avec Dax, le fils d’Arjan. Ça ferait plaisir qu'il soit là aussi, qu'il continue avec nous.
Quelle est ta variété préférée ?
C'est un petit peu compliqué d’en choisir une seule. Mais je peux t’en citer quelques unes. L’Exodus Cheese est toujours dans le top. J'aime beaucoup la Chocolope Je suis très fan de la Shoreline. Évidemment, la Skittles aussi est dans ce top-là. Je suis plutôt dans le côté skunk. J'aime bien la skunk. C'est pour ça que je citerais la Fullgas aussi. C’est un des premiers croisements que j'ai fait. C'est comme une version sous stéroïdes de l'Exodus. Il y a aussi la Riri Cut qui a été sélectionnée par un Français.
Tu préfères les fleurs, le hasch ou les extractions ?
J'ai plus tendance à fumer du hasch quotidiennement, mais quand il y a des très bonnes fleurs qui sont disponibles, j'ai toujours beaucoup de plaisir à en fumer.
Quelle est actuellement la situation des Cannabis social clubs à Barcelone ?
C'est toujours la même situation. A Barcelone, plus ou moins tous les deux ans, ils font des opérations, des descentes dans les clubs. Jusqu'à ce que Madrid dise que c'est bon. En gros, personne ne peut rien faire. La police ne sait pas trop quoi faire. Les politiciens ne savent pas trop quoi faire.
Tu t’occupes également de la Thaïlande. Combien de magasins de cannabis avez-vous là bas ?
On a 6 coffeeshops, il me semble. On en a 4 ou 5 à Bangkok et un à Koh Samui, sur une île qui est dans le sud. Et on essaiera certainement d'en ouvrir quelques-uns en plus dans les zones où les gens passent, à Phuket, à Pattaya... Mais ça, ce sera dans le futur. On a un complexe, avec des serres, avec des intérieurs et du outdoor. On a une zone GMP (Good Manufacturing Practices). Et on a l'usine de graines.
Le marché des graines est actuellement en difficulté. Est st-ce qu'il y a encore un avenir pour les graines ?
Le rêve, je pense, de toutes ces banques, est de pouvoir offrir la graine, le clone ou la fleur à son client. C'est pour ça que pour nous, la Thaïlande c'est vraiment idéal, parce que quelqu'un qui veut acheter un pack de graines, il peut essayer la fleur cultivée par la compagnie, le vrai produit. Il essaie avant d'acheter le paquet. Après, tu peux avoir l'option aussi d'acheter le clone, parce qu'on vend aussi des clones en Thaïlande. Tu peux même acheter une sélection qui a été faite par nous, ou essayer de faire ta propre sélection. C'est un peu la situation idéale pour pouvoir vendre ta génétique. Le marché des graines est en pleine évolution,. Il y a beaucoup de clones qui sont disponibles sur le marché maintenant. Ça dépend où tu vis. Dans des pays comme la France, je pense qu'il y aura toujours de la vente de graines, jusqu'à ce que le cannabis soit légalisé. Il y aura toujours des gens passionnés qui voudront cultiver à partir de graines et faire des sélections.
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