Des Africaines dans le Sud Berry
Manu cultive du cannabis depuis plus de 40 ans. Ce cultivateur old-school a longtemps habité en région parisienne avant de déménager dans le Sud Berry. Manu est passionné par les variétés africaines de type sativa qu’il a réussi à adapter à un terroir exceptionnel.
Le Berry est une région historique du centre de la France. C’est l’un des terroirs agricoles français les plus anciens.
Après avoir habité dans la banlieue ouest de Paris, Manu s’est retiré dans le Sud Berry où il cultive du cannabis en outdoor. Manu s’occupe lui-même de sa plantation. « J’étais rejoint par quelques amis pour la manucure, jusqu’à l’année dernière où j’ai récupéré la machine à défeuiller ma récolte », explique le cultivateur.
La plantation se situe à environ 300 mètres d’altitude. Le cultivateur bénéficie d’un climat tempéré : « La température est très variable avec des amplitudes entre jour et nuit pouvant dépasser les 15 à 20°. » Le taux d’humidité est inconstant. La rosée du matin, même en été, est un avantage certain pour le cultivateur.
La culture commence chaque année au mois d’avril. Manu cultive à partir de graines et de boutures. Certaines plantes sont cultivées en pots et d’autres en pleine terre. Il n’utilise pas d’éclairage artificiel pour le démarrage. Les plantes sont placées sous une véranda sans lampes.
Pour la germination, Manu pratique la méthode classique : « Sopalin, coton puis en pots jusqu’à ce que les pieds aient une capacité à résister aux intempéries et autres animaux qui passent dans mon jardin et les mangent ou les piétinent. »
Le cultivateur a commencé avec des graines régulières : « Au début, les féminisées n’existaient pas et mes graines provenaient d’herbes Africaines que j’achetais sur Paris, puis de Thaïlandaises provenant des achats de Thaï stick à Amsterdam. »
Les boutures sont réalisées avec du gel de bouturage comme le Clonex. Manu ne fait aucune bouture après le mois de juin.
Manu cultive chaque année entre 10 et 20 plantes en extérieur. Il utilise certaines techniques de taille et de palissage pour optimiser la récolte : « Tailles au début de la croissance, puis tressage au début de la floraison, afin de soutenir le poids supplémentaire des fleurs et de l’humidité, qui démarre en septembre. »
Le voisinage ne pose pas de problème. Les voisins sont eux-mêmes consommateurs et échangent volontiers leurs fruits et légumes contre des fleurs.
La terre est particulièrement fertile et étonnamment, le cultivateur n’utilise ni engrais, ni additif, ni terreau acheté dans le commerce : « 100% terroir depuis que je suis dans le Sud Berry. »
Quels sont les maladies et les prédateurs ? « Escargots, limaces, moisissures, rien d’autre pour le moment. » Pour combattre ces invasions ou ces maladies, le grower dispose de la cendre de bois autour des plantes.
En 2025, la floraison a été précoce. Elle a commencé dès le 15 août. La plupart du temps, la floraison débute fin août, aux alentours du 25 et au plus tard, le 10 septembre.
Le plantes en pots peuvent atteindre une hauteur de 80 cm à 1,50 m. La hauteur des plantes pleine terre va de 1,80 à 4,40 m. En largeur, les pantes peuvent atteindre 2 m.
La date de récolte est très variable : « Au plus tôt début octobre, au plus tard fin novembre. » Sur chaque plante, Manu peut récolter entre 200 grammes pour les plantes en pot, et 1,5 kg pour les plantes en pleine terre les plus grandes. Le poids total de la récolte varie selon les années.
Pour le séchage, « deux techniques, sur filets pour les sommités taillées et sur pieds tête en bas pour les branches déjà manucurées. »
Quelles sont exactement les variétés cultivées ? « Mes variétés préférées sont Durban Poison, Congo, Thaï et Smile (sativa). Il y également la Critical et un croisement Jamaïque / Amérique du sud avec des Haze. »
De nombreuses personnes ont essayé de cultiver à partir de graines africaines mais le climat français ne convient pas toujours à ce type de génétique. La floraison est très longue et pour récolter, il faut attendre jusqu’en décembre ou même janvier. Comment Manu a t-il fait pour adapter ces variétés africaines au centre de la France ?
« Ayant commencé de cultiver en aquarium des graines africaines courant des années 80, j’ai pris certaines habitudes. Depuis mon déménagement et deux, trois foirades en arrivant, j’ai trouvé une astuce en fin de floraison pour éviter l’humidité, je mets au sol des couvertures de survie qui reflètent le peu de soleil et ainsi accompagné du vent, j’évite les moisissures de fin d’automne. Je n’ai jamais récolté après fin novembre. »
Manu extrait de l’huile médical pour une association de patients. Pour fabriquer cette huile à consommer par voie orale, il mélange du cannabis avec de l’alcool d’eau de vie à 95°, acheté en Italie : « Trempage de 48h à 72h, filtrage et évaporation naturelle à l’air libre en hauteur sous température intérieure, autour de 22° »
Il prépare également du beurre de Marrakech, « pour faire des gâteaux, sur tartine ou sur viande rouge grillée, comme beurre maître d’hôtel. »
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