Un homme exécuté pour un kilo de cannabis à Singapour
Omar Yacob Bamadhaj, un Singapourien de 46 ans, a été exécuté le 16 avril 2026. Il a été condamné à mort pour avoir importé un kilo de cannabis à Singapour.
36 pays continuent d’appliquer la peine de mort pour trafic de drogues. C’est le cas notamment de l’Iran, de l’Arabie Saoudite, de Singapour et du Koweit. 46 % des exécutions dans le monde concernent le trafic de drogue. 1212 personnes ont été exécutés pour ce motif en en 2025. A Singapour, la peine de mort est appliqué pour la possesion d’une quantité de cannabis supérieure à 500 grammes.
Omar Yacob Bamadhaj a été arrêté en juillet 2018 à Woodlands Checkpoint, à la frontière entre la Malaisie et Singapour en possesion de 1 009 grammes de cannabis.
Selon le Bureau central des narcotiques (Central Narcotics Bureau ou CNB), il a été interpellé à la frontière le 12 juillet 2018 alors qu’il rentrait à Singapour en voiture. Les forces de l’ordre on trouvé dans sa voiture un sac qui contenait trois paquets enveloppés dans du papier d’aluminium, du film alimentaire et du papier journal. Omar Yacob Bamadhaj a affirmé qu’il ignorait la présence du cannabis dans son véhicule.
Selon la CNB, une analyse réalisé par la Health Sciences Authority a confirmé que le poids du cannabis saisi était d’au moins 1 009,1 grammes.
L’homme, agé de 46 ans, a été condamné à la peine de mort le 24 février 2021. La cour d’appel a confirmé la sentence le 12 octobre 2021.
Durant son procès, Omar a affirmé qu’il ignorait ce qu’il y avait dans les paquets. Il a également accusé des membres des forces de l’ordre de l’avoir menacé. Les policiers ont nié ces accusations. La Haute Cour a affirmé que des images de vidéosurveillance confirmaient les déclarations des policiers. La Haute Cour pense, comme la Cour d’appel, pense qu’Omar a importé volontairement le cannabis à Singapour.
Suite à cette décision de la Cour d’appel, plusieurs recours ont été déposés mais ils ont été rejetés. Sa demande grâce présidentielle a aussi été rejeté.
Un communiqué commun d’ Amnesty International, de Human Rights Watch,, du Capital Punishment Justice Project et de l’Anti-Death Penalty Asia Network a été publié un jour avant l’exécution pour demander au gouvernement de la suspendre immédiatement.
« La peine de mort est le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant. Le maintien de la peine de mort à par Singapour pour les infractions liées à la drogue constitue une violation du droit international, des droits humains et des normes internationales, et place cette cité-État en décalage avec le reste du monde sur cette question », a déclaré Rachel Chhoa-Howard, chercheuse Amnesty International.
La délégation de l'Union européenne, les missions diplomatiques des États membres de l'UE et les missions diplomatiques de la Norvège, de la Suisse et du Royaume-Uni à Singapour ont également publié une déclaration le 15 avril : « Nous exprimons notre opposition à la peine capitale, en toutes circonstances. La peine de mort est incompatible avec le droit inaliénable à la vie et l'interdiction absolue des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes. Le droit international des droits de l'homme limite le recours à la peine capitale aux crimes les plus graves, c'est-à-dire aux crimes d'une extrême gravité impliquant un homicide volontaire. Le recours à la peine de mort pour prévenir la production et le trafic de stupéfiants ne répond pas à ce critère. »
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