CBD alimentaire : la filière contre-attaque

Olivier F
21 May 2026

Un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture rappelle l’interdiction des aliments à base de cannabinoïdes depuis le 15 mai. L’UPCBD, l’UIVEC et l’AFPC ont décidé de riposter avec un communiqué commun qui demande la suspension du plan de contrôle sous 48 heures. Si le ministère n’accède pas à leur demande, les organisations pourraient faire appel à la justice.


Le communiqué du ministère de l’agriculture

Le 20 mai 2026, le ministère de l’Agriculture,, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire a publié un communiqué qui rappelle sa position. Les produits alimentaires qui contiennent du CBD sont désormais illégaux et doivent par conséquent être retirés du marché. « Les autorités sanitaires rappellent que les denrées alimentaires incluant du cannabidiol dans leurs ingrédients ne sont pas autorisées à la vente par la réglementation européenne en raison de l’absence de preuve de leur innocuité et annoncent un renforcement des contrôles. Les consommateurs sont par ailleurs incités à la vigilance en raison de la hausse des signalements d’intoxications. »

Selon le ministère de l’Agriculture, les denrées alimentaires qui contiennent du CBD ne sont pas autorisées par le règlement  de l’Union européenne sur la novel food. En juin 2022, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a « conclu à l’impossibilité de statuer sur la sécurité du CBD en tant que nouvel aliment en raison de lacunes dans les données scientifiques disponibles et d'incertitudes concernant les dangers potentiels liés à sa consommation. »

Le communiqué du ministère souligne la dangerosité des produits alimentaires à base de CBD. Selon le ministère, plusieurs centaines d’intoxications ont été signalées. Mais le danger vient en réalité des produits de synthèse ou d’un dosage trop fort en THC pour les consommateurs non habituels, plutôt que du CBD lui-même Le ministère demande aux consommateurs de ne plus acheter des produits alimentaires à base de CBD. Les produits alimentaires issus des graines de chanvre ou le feuilles de chanvre destinés aux infusions ne sont pas concernés.

La riposte de la filière

En réponse au communiqué du ministère, l’UPCBD (Union des Professionnels du CBD), l’UIVEC (Union des Industriels pour la Valorisation des Extraits de Chanvre et l’AFPC (Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes) ont publié un communiqué commun.

Selon les acteurs de la filière, l’EFSA n’a jamais conclu à la dangerosité du CBD alimmentaires. Mais l’Autorité ne dspose pas de données suffisantes pour le classer en tant que nouvel aliment (novel food). Les organisations rappellent que ces produits sont déjà autorisés dans certains pays européens comme l’Angleterre et les Pays-Bas.

Selon, le communiqué, le ministère fait « un raccourci inacceptable sur le sujet des intoxications  

« L'ANSM et l'Anses, dans leur communication conjointe de juin 2025, ont clairement identifié la source de ces signalements : il s'agit de cannabinoïdes de synthèse (HHCP, HHCPO, THCP et molécules assimilées), aussi appelés NPS (nouveaux produits de synthèse), parfois associés à des teneurs excessives en THC. »

Pour finir, les organisations demandent la suspension du plan de contrôle sous 48 heures. Elles soulignent l’absence de dialogue les envisagent un recours contentieux.

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