Du cannabis à l’Élysée

Soft Secrets
23 Feb 2021

Le cannabis est consommé par toutes les classes sociales et il s’est logiquement infiltré dans les plus hautes sphères du pouvoir. Depuis les années 80, plusieurs personnalités ont consommé du cannabis dans le palais de l’Elysée ou dans les différents ministères.


Par Olivier F / olivier@softsecrets.nl

Allumer un joint devant le président de la république ! Fantasme ou provocation ultime pour certains, la consommation de cannabis dans les lieux de pouvoir a été pratiquée par quelques personnalités françaises de façon plus ou moins discrète.

De l’autre cotè de l’Atlantique, Jimmy Carter est le modèle de président « cannabis friendly » Le 39 eme président des Etats-Unis a occupé la Maison blanche entre 1977 et 1981. Dans un documentaire récemment diffusé sur Arte et intitulé « Le président rock’n’roll », Jimmy Carter, maintenant âgé de 95 ans, revient sur l’épisode du joint fumé sur le toit de la Maison Blanche par son fils Chip Carter et son ami, le chanteur de country Willie Nelson.

A la même époque, en France, le palais de l’ Élysée était occupé par un président moins rock’n’roll : Valéry Giscard-d’Estaing. Il a fallu attendre l’arrivée de François Mitterrand pour entendre parler pour la première fois de cannabis dans l’entourage présidentiel.

Dans les années 80, l’humoriste Michel Colucci dit Coluche était autant connu pour sa consommation de cannabis et d’autres drogues que pour sa générosité :  « Il y avait des boîtes où il laissait de l'argent, où les gens fauchés pouvaient se servir, les gens en manque d'herbe pouvaient aussi venir se servir, c'était assez incroyable. » raconte le journaliste et écrivain Jean-Claude Lamy.

En 1984, Coluche a bien fumé un joint devant François Mitterand. Il existe plusieurs version de l’histoire. « Il avait fait la connaissance de Jacques Attali, qui l'a invité à l' Élysée en 1984 rencontrer Mitterrand. A la suite de cela, Mitterrand s'est rendu chez Coluche pour y manger. Il a fumé un joint devant Mitterrand, qui ne s'attendait peut-être pas à ça » explique Jean-Claude Lamy.

Entre 1997 et 2002, Lionel Jospin est premier ministre. Il reconnait avoir déjà fumé un joint et n’est pas opposé à la dépénalisation. Sur la radio Europe 1 en 2019, l’actrice Ludivine Saigner a relaté une conversation qu’elle avait eu à l’époque avec Lionel Jospin à Matignon : « A ce moment-là, il m’a dit : ‘ mais si vous voulez en tout cas Ludivine, vous pouvez rouler un joint ici, il n'y a aucun problème. ‘ Et là François Ozon m’a dit 'Vas-y, sors quelque chose'. Moi j'ai répondu : mais enfin, je ne suis pas venue à Matignon avec du shit dans la poche, je n’avais rien évidemment. Mais sinon, je me serais fait un plaisir d’allumer un joint à Matignon.»

Dans les années 2000, Nicolas Sarkozy n’est pas encore président mais ministre de l’intérieur de Jacques Chirac. Alors premier flic de France, il organise régulièrement place Beauvau des diners avec des personnalités du showbiz. Le comique Laurent Baffie a roulé et allumé un joint devant Sarkozy. « Après le dessert, au moment du café, des digestifs, Laurent Baffie sort de l’herbe et des feuilles. Il me fait de petits signes. Je lui fais 'Non, non, non, non, non, non'. Évidemment, tu dis non à Baffie, il le fait tout de suite. » a raconté l’animateur Karl Zéro sur Radio Totem. « Sarko n'a rien vu, il n'a rien compris, il ne connaissait pas l’odeur, mais il y avait des gens qui disaient ‘Ça sent bizarre ici quand même, c’est curieux’ » Laurent Baffie a proposé le joint à Pierre, le fils de Sarkozy, alors producteur de rap, qui a refusé, ne voulant pas fumer devant son père.

De nombreux joints on du être fumés à l’ Élysée par les enfants ou les beaux-enfants des présidents. On se souvient de l’interpellation du fils de Valérie Trierweiler, l’ex de François Hollande, pour quelques grammes de cannabis.

Plus récemment, en 2019, l’écrivain Frédéric Beigbeder était invité au palais de l’Élysée pour la remise de la légion d’honneur à Michel Houellebecq par Emmanuel Macron. Il en a profité pour demander au président la légalisation du cannabis. Il a raconté cet épisode dans un article publié dans Charlie Hebdo intitulé « Fumette à l’Élysée ».

Frédéric Beigbeder a d’abord reçu les confidences du chanteur Jean-Louis Aubert, également invité. « J’ai déjà fumé un joint dans les toilettes ici. C’était sous François Mitterrand, avec Coluche. » Frédéric Beigbeder a pu approcher le président Macron : « Il y a une mesure qui ferait rentrer beaucoup d’argent dans les caisses de l’État, tout en apaisant les souffrances du peuple français. Il faut légaliser le cannabis. » La réponse de Macron a bien sûr été négative : « Je n’y suis pas favorable, pour deux raisons : d’abord les trafiquants passeront aux drogues dures, ensuite le cannabis ramollit le cerveau des enfants. » Frédéric Beigbeder pense que le combat doit continuer : « Un jour, je reviendrai dans ce palais fumer un cône avec Jean-Louis Aubert sans qu’on soit obligés de se planquer. On sera assis sur la moquette en train de fumer le gazon, ou vice versa. Et ce jour-là, on s’écriera : Vive la République, vive la France ! »

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