Landraces, ces variétés rares et menacées

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En même temps que ces dernières deviennent de plus en plus rares, elles sont aussi de plus en plus tendance. Les anciens en ont des souvenirs nostalgiques et les jeunes veulent les découvrir. Bienvenue dans l'univers fascinant des landraces !

Qu’est-ce que les landraces ?

Une landrace est une variété de cannabis qui pousse dans une zone spécifique depuis plusieurs centaines, voir plusieurs milliers d’années. Celle-ci s’est adaptée au climat, ainsi qu’aux pratiques de culture de cette région. Au fil des générations, ce cultivar a développé des caractéristiques uniques qui n’existent nulle part ailleurs. Ces souches ne sont donc pas sauvages (Bien que certaines soient semi-sauvages), elles sont le résultat des sélections faites par de nombreuses générations de cannabiculteurs. Dans la plupart des régions du monde, les landraces sont aujourd’hui en train de disparaitre.

D’où viennent ces cultivars ancestraux ?

Bien que cela soit toujours un mystère, la plupart des experts pensent que le cannabis sauvage est apparu quelque part en Asie centrale. D’après les vestiges retrouvés par les archéologues, on pense que les humains ont commencé à cultiver le cannabis pour la première fois il y a environ 15 000 ans. Des tribus nomades venant de Chine, de Mongolie ou du Kazakhstan auraient ensuite disséminées ces graines dans beaucoup d’autres régions d’Asie au cours de leurs voyages. Puis, à travers le commerce, les conquêtes, et plus tard l’esclavage, le cannabis s’est rapidement répandu à travers le monde, donnant naissance au fil du temps, à des milliers de nouvelles landraces.

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Landrace afghane de Balkh, phénotype Indica (BLD)

Comme toutes les autres plantes cultivées par l’homme, les landraces de Cannabis proviennent de l’évolution de plantes sauvages. De même que l’épi de mais qui, avant le travail de sélection des hommes n’était pas plus gros qu’un épi de blé, les landraces sont aujourd’hui bien différentes de la plante de cannabis sauvage d’il y a 15 000 ans.

Quels sont les différents types de landraces ?

Selon les régions et les climats, les paysans cultivent le cannabis pour des raisons différentes. Il y a donc différents types de souches locales que l’on peut classer dans 3 catégories distinctes :

. Les plantes à hasch : Principalement originaires de régions loin de l’équateur telles que l’Afghanistan, le Rif marocain, l’Himalaya ou encore les plaines du Liban. Les “Hash farmers” cultivent ces plantes dans le but d’en extraire les trichomes pour faire du haschich. Ces plantes sont souvent très feuillues car plus il y a de surface de petites feuilles, plus il y a de résine à extraire. Les plantes vont d’un THC élevé et faible teneur en CBD jusqu’à un THC faible et haute teneur en CBD. On trouve souvent beaucoup de diversité génétique, de façon que tous ces différents phénotypes contribuent à faire un hasch qui regroupent plusieurs cannabinoïdes différents (THC, CBD, THCV). C’est pourquoi le haschisch fait avec ces cultivars ancestraux est réputé pour ses bienfaits médicinaux. On parle de “Full spectrum”. Le but n’est donc pas de fumer les fleurs mais simplement de faire du hasch de haute qualité.

. Les plantes à ganja : Majoritairement issues des régions tropicales et sub-tropicales, les plantes à ganja sont réputées pour leurs effets cérébraux, parfois même psychédéliques. La grande majorité des landraces à travers le monde sont des plantes à Ganja. Elles poussent dans toute l’Amérique centrale et du Sud, les caraïbes, l’Afrique sub-Saharienne ainsi que l’Asie du Sud et Sud Est. Les “Ganja Farmers” cultivent ces plantes directement pour la consommation des fleurs. Les cultivateurs sélectionnent les graines provenant des plantes qui procurent les effets qu’ils préfèrent pour la prochaine saison. À l’inverse des plantes a hasch, les plantes a ganja sont souvent peu feuillues et produisent surtout des fleurs avec un haut taux de THC et peu ou pas de CBD. La Original Haze des années 60 est un hybride psychédélique 100% issue de plantes à Ganja des 4 coins du monde.

. Les plantes à fibre et graines (chanvre). Ces cultivars ont été façonnés depuis des siècles afin de produire de grandes quantités de fibres ou de graines. Ces plantes aux mille usages sont utiles a de nombreuses industries (textile, construction, alimentaire et bien d’autres…). Dans certains endroits comme dans le nord de l’Inde, les paysans utilisent les mêmes plantes afin de faire du Charas (Hasch frotté a la main), de récupérer les graines pour nourrir leur village et aussi d’en extraire la fibre.

Le mythe des indicas et sativas

Depuis des décennies, presque tous les forums, articles et descriptions de breeders parlent d’indicas et de sativas. Dans l’univers du cannabis, on emploie le terme d’indiça pour décrire des variétés petites, trapues à feuilles larges avec des fleurs compactes et des effets souvent apaisants et soporifiques. Et on parle de Sativa lorsqu’il s’agit de décrire les plantes élancées aux feuilles fines à la floraison longue produisant des tetes plus aérées que les Indicas.

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Landrace afghane de Balkh, phénotype sativa (NLD)

Bien que ces termes soient pratiques pour définir les caractéristiques de certaines souches, il s’agit bien souvent d’une simplification excessive. Ceci n’est pas applicable à l’univers fascinant des landraces.

En effet, même en plein coeur de l’Afghanistan, on trouve des phénotypes à feuilles fines et avec un temps de floraison pouvant aller jusqu’à 13 semaines. De même, dans le nord du Maroc, La landrace locale fleurie très rapidement (en 8 à 9 semaines) malgré sa silhouette élancée et ses feuilles aux palles fines.

Il en va de même pour les effets. Dans l’État Indien du Tamil Nadu (Extrême sud de l’Inde), certaines variétés sont réputées pour leurs effets très “Indica” bien qu’il s’agisse de Sativas tropicales.

C’est pourquoi, de nombreux experts préfèrent utiliser le terme “NLD” (narrow-leaf drug) au lieu de “Sativa” et “BLD” (broad-leaf drug) afin de décrire les “Indicas”.

Les variétés afghanes commercialisées par les banques de graines hollandaises depuis les années 1980 sont réputées pour leurs feuilles très larges, leurs fleurs très denses et leur floraison rapide.

Bien que ces plantes proviennent à la base d’Afghanistan, ces souches ont été séléctionnées par les breeders hollandais car elles se prêtent bien à la culture en intérieur. Il s’agit donc des phénotypes sélectionés et stabilisés selon des critères spécifiques : floraison rapide, rendement élevé, structure trapue… Parmi les landraces que l’on trouve en Afghanistan en revanche, on trouve une diversité de phénotypes bien plus grande.

Le saviez-vous ? (quelques anecdotes sur les landraces)

Plusieurs variétés équatoriales comme les Zamal de la Réunion ou les landraces du Kerala (Inde du sud) ont la capacité de survivre plusieurs années en extérieur. Comme la durée du jour ne change que très peu entre l’été et l’hiver, leur floraison est très lente et les plantes repartent très facilement en croissance au moindre changement de photopériode. Pour cette raison, il n’est pas rare que les locaux récoltent la même plante 2 ans de suite.

Le Rif Marocain est aujourd’hui plus chaud et plus sec que dans le passé. Par conséquent, la Beldia (Landrace Marocaine) a progressivement commencé à fleurir de plus en plus tôt car, dans le Rif, la fin de l’été et le début de l’automne sont trop secs pour que la plante continue de croître. Cette landrace est ainsi devenue semi-automatique. Dès que les racines manquent de place, que les plantes ont atteint une certaine taille, ou au moindre stress, la Beldia commence à fleurir.

Du fait qu’elles ne servent qu’à faire du hachisch, les “Hash Farmers” ont sélectionné au fil des siècles, les plantes aux plus hautes teneurs en sesquiterpènes. Les sesquiterpènes sont des huiles essentielles bien moins volatiles et bien plus résistantes a la chaleur que les monoterpènes qui sont les plus communs dans la plupart des variétés de cannabis. C’est pourquoi les hashplants ont tendance à sentir moins que les variétés modernes mais le gout de leur résine est bien plus intense que beaucoup de souches modernes. Le hasch fait avec ces landraces peut se bonifier avec le temps et conserve sa saveur pendant très longtemps.

Pourquoi les landraces disparaissent-elles ?

Bien que les cultivars ancestraux soient souvent très uniques en termes d’effets et de saveurs, beaucoup de paysans ont délaissés leurs anciennes souches dans le but de cultiver des hybrides modernes. Ces hybrides sont en général plus productifs ou plus rapides à cultiver que les variétés locales. En outre, la demande pour les variétés “Hype”, (les souches Américaine et Européennes) est forte, même dans les pays du tiers monde.

Les touristes qui échangent leurs graines de variétés modernes contribuent aussi a la disparition des landraces. À cela, s’ajoute les campagnes d’éradication menées par certains gouvernement et l’urbanisation croissante qui entraine une réduction des surfaces cultivables. Le pollen voyage avec le vent sur des dizaines de kilomètres. C’est pourquoi, il suffit qu’un paysan se mette à cultiver des hybrides modernes pour que toute une vallée voit sa landrace disparaitre.

Une légalisation tant attendue

La légalisation ne représente pas seulement un espoir pour les fumeurs et les cultivateurs mais elle pourrait aussi aider à sauver les Landraces. Bien que ces dernières aient déjà presque disparues dans des endroits tels que la Jamaïque, le Mexique ou le Maroc, la légalisation pourrait aider a la préservation des landraces. Dans un marché légal, ce n’est plus la production ou la vitesse de floraison qui compte le plus mais la qualité et la rareté du produit. Dans un cadre légal, il est très probable que de plus en plus de connaisseurs se mettent à privilégier les spécialités locales telles que le Charas de l’Hymalaya ou le Thai stick, plutôt que de la Cookie ou Skunk que l’on trouve partout dans le monde. De même, il est aussi possible que les gouvernements prennent conscience de la valeur de leur patrimoine local, aussi bien d’un point de vue médical que récréatif.

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