Freeze dryer : le futur du hasch

Soft Secrets
29 Aug 2025

De nos jours, quand on parle de haschisch et plus généralement d’extractions de cannabis, on entend inévitablement parler de freeze dryer ou lyophilisateur en français. De plus en plus de producteurs de hasch utilisent cet outil. Comment fonctionne-t-il et qu’est-ce qu’un lyophilisateur ? Soft Secrets vous l’explique.


Par Sudestfam

Le lyophilisateur est un appareil de séchage de substances organiques qui permet d’éliminer l’eau et l’humidité résiduelle sans altérer leurs propriétés physico-chimiques. Il est notamment utilisé par l’industrie pharmaceutique et alimentaire pour prolonger la durée de conservation des produits tout en préservant leur qualité.

Les premiers exemples de lyophilisation alimentaire remontent à la civilisation précolombienne des Incas, un peuple qui a vécu entre le XIIe et le XVIe siècle après J.-C. sur le plateau andin. Sur les sommets des Andes, les aliments étaient conservés et congelés grâce aux basses températures et l’eau résiduelle s’évaporait lentement grâce à la basse pression typique des sommets. L’invention du lyophilisateur est attribuée au biophysicien etphysiologiste français Arsène d’Arsonval, mais en réalité, le premier lyophilisateur utilisant la technique de sublimation pour un séchage similaire aux lyophilisateurs modernes a été construit par Léon Shackell en 1909.

Dans l’industrie du cannabis, le lyophilisateur est principalement utilisé pour sécher des extractions telles que le waterhash et, dans une moindre mesure, les extractions au tamis. Cependant, de nombreux cultivateurs ,l’utilisent également depuis peu pour sécher et affiner les têtes de cannabis. L’utilisation du lyophilisateur garantit des temps de séchage très rapides tout en préservant les qualités organoleptiques, l’aspect esthétique et la teneur en cannabinoïdes des produits traités.

Le processus de lyophilisation se divise en trois phases:

1) Congélation rapide de la matière placée dans la chambre du lyophilisateur, à une température de -40 °C.

2) Sublimation de la glace, de l’état solide à l’état gazeux, facilitée par la dépression de la chambre à vide.

3) Désorption ou séchage secondaire, nécessaire pour éliminer les molécules d’eau résiduelles, se produit en augmentant légèrement la température à l’intérieur de la chambre du lyophilisateur et en diminuant la pression pour faciliter l’évaporation de l’eau.

La congélation rapide de l’eau permet la formation de très petits cristaux de glace, préservant ainsi la structure du matériel lacé dans le lyophilisateur. De plus, à très basse température, l’activité enzymatique de dégradation du matériau est nulle, préservant ainsi sa forme et son aspect. Le processus de sublimation utilisé pour éliminer l’eau contenue dans les échantillons est une méthode relativement efficace et garantit une très faible perte de terpènes grâce aux basses températures et au vide de la chambre du lyophilisateur. Au cours de la troisième phase, l’humidité résiduelle du matériau est ramenée d’environ 10% à 1%.

Parmi les différentes méthodes de séchage, l’utilisation du lyophilisateur est certainement celle qui préserve le mieux les caractéristiques organoleptiques et la teneur en cannabinoïdes du produit final.

En effet, quand le séchage des têtes ou des extraits de cannabis est effectué de mani- ère traditionnelle, par exemple dans une chambre de séchage, de nombreux terpènes s’évaporent et le profil cannabinoïde est altéré.

L’évaporation des terpènes est due à leur forte volatilité à température ambiante, tandis que la présence de lumière et d’oxygène dé- clenche un processus d’oxydation, tant pour les têtes de cannabis que pour les extraits, altérant leur teneur en cannabinoïdes, leur forme et leur aspect.

Le THC à l’état naturel se présente sous la forme d’acide carboxylique, le THC-A. Lors du processus de dégradation, cette molécule se transforme en cannabinol, ou CBN, un cannabinoïde caractérisé par un effet soporifique.

Un autre facteur de dégradation du cannabis est la contamination microbienne, ainsi que le risque de prolifération de maladies fongiques comme le botrytis, qui provoquent la pourriture et compromettent totalement le produit final. L’utilisation d’un lyophilisateur, contrairement aux méthodes de séchage traditionnelles, permet d’éviter ces problèmes.

Comme mentionné précédemment, le lyophilisateur est principalement utilisé pour sécher le waterhash. Il est particulièrement utile pour les extractions de résine fraiche telles que le WPFF (acronyme de Whole Plant Fresh Frozen – plante fraiche entière surgelée), difficiles à gérer en raison de la consistance de la résine, très similaire à une colle à prise rapide. Le lyophilisateur élimine ce problème: la résine encore imbibée d’eau est transférée des sacs de waterhash directement dans les plateaux placés à l’intérieur du lyophilisateur.

Une fois traitée, la résine est parfaitement sèche et facile à manipuler. Ses caractéristiques restent intactes et préservées des processus de dégradation.

Ces derniers temps, de nombreux cultivateurs ont également commencé à utiliser le lyophilisateur pour un séchage massif des fleurs de cannabis et leur affinage final. Cette solution est proposée comme alternative aux méthodes de séchage traditionnelles, qui occupent de grandes surfaces, nécessitent une surveillance constante des paramètres climatiques et un processus long (au moins deux ou trois semaines), avec un risque élevé de développement de moisissures pouvant compromettre la récolte finale.

Les têtes séchées à l’aide du lyophilisateur conservent leur forme, leur taille, leur profil terpénique et leur teneur en cannabinoïdes, tout comme une plante vivante. Les temps de séchage sont réduits à environ 16 à 24 heures et certaines entreprises affirment obtenir des têtes de cannabis déjà affinées et prêtes à être consommées. À ce sujet, j’aimerais émettre quelques doutes: à mon avis, le waterhash et les têtes séchées à l’aide du lyophilisateur nécessitent toujours un traitement supplémentaire, un affinage, pour terminer la maturation et exprimer pleinement leur potentiel. Le cannabis consommé rapidement a un goût amer, semblable à celui de l’herbe fraîche.

Il est important de noter que les têtes de cannabis ne peuvent pas être séchées avec un lyophilisateur standard. Outre ses dimensions inadaptées, un modèle permettant de contrôler l’humidité est nécessaire. Dans le cas contraire, un séchage excessif rend les têtes très fragiles au toucher et compromet leurs propriétés organoleptiques. Bien que les lyophilisateurs domestiques disposent de réglages par défaut adaptés à la plupart des matières et permettent un travail serein, la programmation de certains paramètres peut améliorer considérablement le résultat final.

La durée de la phase de congélation est un aspect essentiel pour éviter de détériorer le produit. Certains cultivateurs recommandent une durée d’environ 8 à 10 heures.

La température étagère est essentielle : réglez-la à 8 °C maximum afin d’éviter que le produit traité ne soit dégradé par une chaleur excessive. Un autre paramètre à prendre en compte est le temps de séchage final, ou troisième phase; ce paramètre varie en fonction de la quantité de produit contenue dans le lyophilisateur et de la qualité de la résine traitée. Par exemple, une résine plus huileuse nécessite un temps de séchage plus long qu’une résine plus sèche. Soyez attentif à ce réglage, car une troisième phase trop longue risque d’endommager le produit final.

Bien que le principal inconvénient d’un lyophilisateur soit son coût, souvent hors de portée, ce problème est résolu par la qualité des produits obtenus qui acquiert une valeur ajoutée grâce au lyophilisateur.

Qui ne rêverait pas de déguster des fruits frais tous les jours de l’année ?

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