Deux nouvelles variétés de chanvre françaises enregistrées au catalogue européen

Olivier F
09 Jul 2026

Kevin Ceret est un agriculteur et entrepreneur français spécialisé dans le chanvre. Avec ses associés, il a collaboré avec le ministère de l’Agriculture français, pour la rédaction d’un nouveau protocole pour la culture des variétés de chanvre féminisées destinées au marché du chanvre bien-être ou cannabis light. Ils ont pu inscrire deux nouvelles variétés de chanvre française aux catalogues français et européens.


SSFR : Pourquoi t’es tu intéressé à la botanique ?

Kevin : La botanique est venue à moi. A la base, je suis agriculteur. La première entreprise que j'ai créé produisait des cyanobactéries. J'ai été intéressé très tôt par le chanvre et par la plante de cannabis sativa en général. Et puis, j'ai fait à peu près tout ce que l'on peut imaginer dans cette filière : production de clones, production de semences, consulting, mise en place de process de production dans plusieurs pays. On a monté des boîtes qui tournent toujours. On a nos boîtes en Suisse. On a nos boîtes en France. Il y a France Botanique Service et également Suisse Agro Service. On a eu un  partenariat universitaire avec l’HEPIA. Avec mon associé, on a développé notre programme in vitro pendant des années à l'HEPIA.

Vous vous êtes aperçus qu’il n y avait qu’une catégorie de chanvre légal et que les critères pour l’enregistrement des variétés de chanvre au catalogue français étaient uniquement ceux du chanvre textile…

Nous, à la base, on est distributeurs. Et puis, à un moment, on s'est rendu compte de différents points faibles, de la génétique et et de la variété qu'il y a au catalogue européen. Et donc, on a commencé à s'intéresser au système d'enregistrement.. Là, on s'est rendu compte qu'en fait, ces nouvelles variétés féminisées étaient enregistrées totalement comme des variétés à fibre. Il n'y avait qu'une catégorie et ça ne nous convenait pas. Et donc, on a commencé à prendre contact avec différents acteurs de la filière, notamment des syndicats, des professionnels, des semenciers… L’objectif était de demander collectivement au ministère un changement du statut de la graine féminisée et des variétés féminisées. Les organismes qui s’occupent des semences n'ont pas une expertise très poussée en ce qui concerne le chanvre féminisée. Donc, ils nous ont demandé de les aider techniquement à rédiger quelque chose qui avait du sens et qui pouvait être en adéquation avec le cadre actuel de la réglementation européenne. Ils nous ont demandé de les aider à  rédiger un règlement technique, c'est le terme, pour cette production spécifique.

Quel a été exactement votre rôle auprès du ministère de l’Agriculture ?

On a établi un protocole avec eux. Le protocole a été rédigé et il est passé en commission au ministère de l'Agriculture français. Il faut comprendre un peu le schéma européen des semences. Chaque pays européen a le droit de faire ce qu'il veut. Mais il y a quand même une petite prérogative de certains pays sur certaines espèces. Parce que, historiquement, ils sont les meilleurs dans telle ou telle espèce. En France, du fait du non-alignement du général de Gaulle, on a continué à cultiver du chanvre. A l'inverse des autres pays européens qui, notamment, sont rentrés dans l'OTAN et dans l'Atlantisme à l'époque et qui ont dû se conformer à la prohibition de la culture du chanvre. Donc, la France a gardé une certaine expertise dans ce domaine au sein du schéma européen des semences. Le protocole a été approuvé en commission par le ministère de l'Agriculture et tous les organismes liés à l’enregistrement des semences.

Quels sont les différences entre les deux protocoles ?

Le mode de contrôle, les exigences sont differents. Il y a plein de petits détails techniques qui vont changer, que ce soit au niveau du contrôle, au niveau des surfaces de culture, au niveau des échantillonnages… Pour le chanvre à actifs, on doit vérifier que les graines germent bien et que la plante est exempte de pathogènes, d'envahisseurs, de certains parasites spécifiques… Pour le contrôle de certification sur l'industriel, on parle de 1,2 kg, ou 1,6 kg de graines. Ör les variétés féminisées 1,6 kg de graines, c'est beaucoup. Ça représente 150 000 graines. Aujourd'hui, sur un contrôle de certification et un contrôle variétal, ils vous prennent 140 g. Sur les normes de distance d'isolement, par exemple, vous devez avoir, suivant les cultures que vous faites, de 4 à 8 km de distance entre les champs. Quand vous produisez 100 m² ou 200 m² de graines de graines en indoor ou que vous les produisez en serre avec des filets antipollens, les isolements peuvent être différents. Donc, tous ces petits détails, on les a rendu rationnels et compréhensibles pour le régulateur également.

Vous avez donc pu enregistrer deux variétés de chanvre féminisées aux catalogues français et européens ? 

Ce ne sont pas les premières variétés féminisées enregistrées aux catalogues mais les autres avaient été enregistrées sous le protocole fibre / graine. Les nôtres sont les premières à être enregistrées sous le protocole des variétés féminisées. La Revelation est une variété robuste résistante à l’oïdium et au botrytis au gout terreux avec des notes menthol et basilic. La Serenity CBG est une variété CBG avec des notes d’agrumes.

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