French grower en Colombie

French grower en Colombie
La Colombie est un pays de 49 millions d’habitants située au nord-ouest de l’Amérique du Sud, bordé à l’ouest par l’océan Pacifique et au nord par la mer des Caraïbes. Après plusieurs décennies de guerre des cartels, le pays est maintenant pacifié depuis une dizaine d’années. La Colombie a légalisé le cannabis médical et il est possible de cultiver un maximum de 20 plants pour son usage personnel. Nous avons interviewé Tristan, cultivateur de cannabis français installé en Colombie.

Depuis quelques années, les lois sur le cannabis se sont considérablement assouplies. La Cour constitutionnelle de Colombie a légalisé la possession de cannabis et d’autres drogues en petites quantités pour usage personnel en 1994. En 2012, le gouvernement a décriminalisé la possession d’un maximum de 20 grammes de cannabis Et en 2015, la Cour suprême colombienne a autorisé la culture de 20 plants de cannabis au maximum. C’est également depuis 2015 que le cannabis médical est légalisé.

SSFR : Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Tristan, j’ai commencé très jeune à cultiver du cannabis, vers l’age de 18 ans. L’objectif était de produire du cannabis à très bas cout pour éviter de me fournir au marché noir. J’ai notamment travaillé dans le domaine du piercing et dans l’agriculture. Je suis originaire de Haute-Savoie mais je vis maintenant en Colombie.

Tu habites en Colombie depuis longtemps ?

Je suis venu pour la première fois en Colombie dans les années 90. J’ai beaucoup voyagé à cette époque et je suis tombé amoureux de la Colombie. C’est un pays magnifique, très attachant avec une grande biodiversité. J’ai eu la possibilité de m’y installer. Je suis retourné en France et il y a quelques années, j’ai décidé de revenir en Colombie.

Tu habites dans quelle région ?

La Mesa de Los Santos dans le massif de Santander. Il s’agit d’un plateau situé dans la cordillère orientale, à proximité du parc national de Chicamocha.

Quelle est la situation concernant le covid ?

Le pays a été atteint par le virus mais à la campagne, nous sommes moins concernés. Lorsqu’on change de région, les contrôles sont assez stricts. Nous devons montrer une pièce d’identité dans certains cas. A Bogota, actuellement, les personnes possédant des numéros d’identification pairs sur les passeports peuvent entrer dans les magasins et les administrations les jours impairs, et inversement.

As-tu été bien accueilli en tant que français ?

J’ai été vraiment bien accueilli. A l’époque, dans les années 90 il n y avait pas beaucoup de français qui venaient en Colombie. J’ai habité de nombreuses années en Colombie. Je me plais beaucoup dans ce pays où j’ai beaucoup d’amis. C’est un pays que j’adore. Il y a des beaux paysages, la mer et la montagne. Il y a de la musique partout. Dans chaque région, on retrouve une musique différente.

Quelle sont actuellement les lois sur le cannabis en Colombie ?

Les lois nous sont très favorables. Il y a cette possibilité de cultiver un maximum de 20 plantes pour chaque foyer. C’est notamment pour le cannabis que je sui revenu en Colombie. Le cannabis médical est maintenant légalisé et il y a la possibilité d’obtenir une license pour cultiver en toute légalité des quantités plus importantes.

Y a t-il des grow-shops ?

Il y a quelques grow-shops mais ils sont concurrencés par internet. Les gens se font livrer du matériel et des produits.

Y a-t-il des breeders  et des banques de graines ?

Il y a des breeders et des banques de graines en Colombie. C’est le seul pays ou il y a un registre des plants de cannabis tenu par l’institut d’agriculture colombien. Il est possible d’enregistrer officiellement une variété de cannabis. La variété Golden Santa Marta, par exemple, a été enregistré. On peut enregistrer n’importe quelle variété.

Y a t-il des expos et des cannabis cups ?

Oui, il y a beaucoup d’expos et de cups. La plus grande est l’expo internationale de Medelin. Il y aussi des cannabis cups pour les cultivateurs à Medelin, à Bogota et à Cali, la meilleure à mon avis. Il y a un très bon niveau dans ces cannabis cups.

French grower en Colombie
Une plante de la variété Cheese de Dinafem cultivée en Colombie.

Quand on parle de la Colombie, on pense souvent aux cartels de la drogue et à la violence. Le pays est-il sécurisé à l’heure actuelle ?

Oui, le pays est sécurisé depuis une dizaine d’année grâce aux accords de paix. Je me sens plus en sécurité ici que dans certains endroits en France.

Tu cultives en indoor ou en outdoor ?

Je cultive surtout en outdoor. En Colombie, il y a 12 heures de jour et 12 heures de nuit toute l’année. Il y a exactement 12 heures 20 de soleil par jour et c’est excellent pour la floraison. Pendant la croissance, je rentre mes plantes en pots le soir et je les mets sous led à l’intérieur pour augmenter le temps d’exposition à la lumière. C’est indispensable pour les variété dépendantes de la photopériode européennes ou nord-américaines. Toute la floraison se fait en outdoor. Certains cultivateurs mettent des éclairages en extérieur pour éclairer la nuit. C’est ce qu’on voyait sur la vidéo des Strains Hunters en Colombie.

Tu cultives sur ton propre terrain ?

Oui, sur mon propre terrain. Je cultive dans des pots et aussi en pleine terre. C’est un terrain plat J’ai beaucoup d’amis cultivateurs colombiens. Nous nous entraidons, certains gardent des boutures.

Quelles sont tes techniques de culture ?

Je cultive uniquement en organique. Je fais mon propre compost. Je n’utilise pas d’engrais du commerce. En pleine terre, je cultive en sol vivant. C’est très important pour moi de cultiver en organique. Sur certaines plantes, je n’ai mis aucun engrais ni produit. Sinon, j’utilise du purin de consoude. Je pratique les techniques de permaculture comme le bokashi. J’ai la chance de n’avoir aucun prédateur, ni maladie. Quand le climat permet de cultiver en outdoor, je ne comprend pas que l’on puisse cultiver en indoor sous lampes comme certains le font en Californie. Il y a beaucoup d’énergie dépensée et ce n’est pas très écologique.

French grower en Colombie
Les trichomes de la Tropicanna Cookies F2 X Velvet Sunrise.

Y a-t-il d’autres plantes qui entourent ton cannabis ?

En ce moment, non mais j’ai cultivé beaucoup de salades, haricots…etc. Je créé aussi mes propres variétés. J’aime bien cultiver mon cannabis au milieu d’un potager, toujours en organique bien sûr.

Quel est le climat ?

Je suis en altitude à 1800 mètres. c’est moins aride que d’autres endroits. C’est un très bon coin pour cultiver. Il fait chaud toute l’année. L’humidité peut atteindre les 70 / 80 degrés. La chaleur et la photopériode 12 / 12 font qu’il est possible de commencer une culture à n’importe quel moment de l’année.

Quelles variétés cultives-tu en outdoor ?

Je cultive certaines variétés sativa colombiennes mais aussi certains hybrides des banques de graines comme en ce moment, de la Sour Diesel et quelques autres. Les plantes landrace mettent beaucoup de temps avant de pouvoir être récoltées. Ça peut aller jusqu’à 7/8 mois. Les variétés modernes sont bien sûr plus rapides. La Cheese de Dinafem par exemple a eu 70 jours de floraison. Les plantes landrace de type sativa peuvent être placées directement en extérieur avec une photopériode 12 /12. Elles sont adaptées pour ça. Par contre, les hybrides des banques de graines doivent obligatoirement avoir une période de jour plus longue pendant la croissance pour éviter qu’elles fleurissent tout de suite et qu’elles ne soient pas assez grandes. C’est pour cette raison que je les rentre le soir pour les mettre sous led. Les remettre uniquement en outdoor avec une photopériode de12/12 permet de déclencher la floraison.

French grower en Colombie
Thai landrace x African landrace heirloom en provenance de Madagascar.

La plante Mango Biche que l’on voit en photo est impressionnante…

Elle devait faire au moins 4 mètres en hauteur et 4 mètres en largeur. Il a fallu 7 mois pour que la plante arrive à maturité. On a du la couper à la machette. Mais les têtes ne sont pas très denses. Le taux de THC est au maximum de 17 %. C’est pour ça qu’il est intéressant de les croiser avec des variétés modernes.

Quelles sont les principales variétés landrace colombiennes ?

Il y a la par exemple la Santa Marta Golden, la Mango Biche, la Punto Rojo…

Tu t’es également lancé dans le travail de breeding…

Mon travail de breeding est encore en cours. J’avais créé une dizaine de variétés CBD mais hélas, j’ai perdu les clones. J’ai déménagé et je n’ai pas conservé de clones. Je conserve des milliers de graines ce qui ve me permettre de poursuivre mon travail de breeding. Il y a des graines de variétés landraces mais aussi des variétés modernes. Le but est de faire des croisements. Mais actuellement, il m’est impossible de faire des sélections avec cette limite de 20 plantes.

Qui sont tes breeders favoris ?

J’aime bien le breeder Capulator. C’est lui qui a créé la variété MAC (Micro Alien Cookies). C’est un croisement de la Starfighter avec une variété landrace colombienne. Il y aussi James Loud, le fondateur de Loud Seeds qui a gagné plusieurs coupes et écrit un livre sur le breeding du cannabis. Il y a également les breeders de Oni Seeds, une banque américaine qui a créé la Tropicanna Cookies.

Quelles sont tes autres activités en Colombie ?

En ce moment, je monte un jardin pour un hôtel resto italien pour faire tous ses légumes et ses sauces. Je vais pouvoir y faire des ateliers de formation pour la permaculture mais aussi pour la culture de la weed. Et qui sait, peut-être bientôt un menu cannabique !

Instagram : organic_cannabis_colombia

Photos : Tristan

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