Les 20 ans de Soft Secrets France part1

Olivier F
10 Sep 2022

Soft Secrets France fête cette année ses 20 ans. Le premier numéro de Soft Secrets en français a été publié en 2002. A l’occasion de cet anniversaire, nous vous proposons une série d’articles. Voici, pour commencer, une sélection des meilleures citations des personnalités cannabiques dans le journal Soft Secrets France entre 2002 et 2011.


Par Olivier F / Dessin : Matth

Le journal Soft Secrets, en version hollandaise, a été créé en 1985 par le pionner du cannabis Wernard Bruining. La version française a été créée en 2002. 6 numéros par an ont été publiés sans interruption depuis 2002. Dans les années 2000, de nombreux lecteurs ont découvert la version française de Soft Secrets dans les coffeeshops hollandais où il était distribué en version papier. De nombreuses personnes se sont lancés dans la culture du cannabis grâce à Soft Secrets.

Soft Secrets France contient quelques traductions d’articles internationaux mais le journal publie principalement des articles écrits par des journalistes, rédacteurs et cultivateurs français. De nombreuses interviews de personnalités ont été publiées dans le magazine durant ces 20 dernières années. Voici une sélection des meilleures citations de ces personnalités. Les anciens numéros de Soft Secrets France sont disponibles gratuitement en version PDF ici.

« Je contrôlais tout en personne : des plantations au Maroc à la Hollande et de la Hollande à l'Allemagne et la Scandinavie. À un moment donné, nous étions réellement des trafiquants de grande envergure, nous tenions toutes les ficelles. Nous semions et récoltions nous-mêmes. Puis nous en faisions de jolis petits paquets que nous transportions clandestinement en personne. Nous avions même nos propres points de vente en Scandinavie. Il est facile de se faire une idée des sommes faramineuses qu'on gagnait ! Mais ça a pris des années pour en arriver là, et elles n’ont pas toutes été faciles. »

Carl, ancien trafiquant de hasch Soft Secrets France  4-2004 (non disponible)

« J’ai vécu au Népal comme un Roi Hippie. Cela représente aussi la famille royale népalaise. Mais le vrai roi du Népal, c’est ce fabuleux haschisch qu’on fait là bas. Un vieil ami, Rod Fry, au milieu des années 1970, a enseigné aux Népalais la méthode afghane pour confectionner le hasch, une grande amélioration face au hasch frotté à la main. Grâce à mes relations avec Sa Sainteté le Lama Chine et à ses relations avec le Roi Mahendra, j’étais quasi intouchable au Népal. A ce moment là, la police et l’armée travaillaient pour moi. »

Joseph R Pietri Soft Secrets France 3-2005

« Je cultive depuis 1984. Cela se passait très bien au début. Les premières années, je n’ai cultivé que des variétés commerciales que tout le monde trouvaient intéressantes. Ensuite en 1987, à côté de cela, j’ai commencé à faire des expériences sur les croisements. Je voulais faire plus que seulement pendre dix lampes au-dessus de Skunk Special car je me suis vite lassé des variétés Skunk; j’étais capable d’en repérer le goût à un kilomètre à la ronde et je voulais quelque chose de différent. J’ai rencontré Ethel, Rob Paal, Old Ed et leurs vieilles mains qui avaient 10-15 ans de plus que moi. J’ai chaussé mes grosses bottes de marche et voyagé dans tous les pays étrangers importants pour récolter mes propres graines. C’est avec ce matériel que j’ai commencé à hybrider. »

Arjan Roskam, Green House Seeds Soft Secrets France 6-2005

« A partir de ce moment-là, je me suis gavé le cerveau de toutes les informations que je pouvais trouver sur comment faire grandir cette plante fantastique. Je continue à prendre mon pied en apprenant autant que je le peux et j’essaye sans cesse de m’améliorer. Je pense que quand on dit que le cannabis crée une dépendance, on parle surtout du fait qu’une fois qu’on commence à cultiver, on ne peut plus s’en passer »

Kootenay, cultivateur canadien Soft Secrets France 2-2006

« Dans les serres de mon père, on cultivait un peu de tout: des roses aux raisins en npassant par les tomates, diverses variétés de poivrons du monde entier. Ca a commencé par un hobby qui a rapidement pris de l’ampleur. J’ai rencontré Wernard, de l’ancien Positronics, et j’ai commencé à faire des essais en serre. Nous sommes devenus professionnels petit à petit. D’abord avec des plantes et plus tard avec du compost. J’ai commencé à collecter des adresses de sociétés qui produisaient des engrais bio et après un certain temps, j’ai lancé un commerce, le premier à importer cela aux Pays-Bas. »

Bio Henkie, cultivateur bio Soft Secrets France 3-2006

« J’ai commencé à cultiver mes premiers plants par hasard. Au printemps 1971, je vivais en appartement dans le Vermont et je fumais énormément. Je jetais habituellement les graines par la fenêtre, sans du tout y faire attention. Un jour, j’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu un couple de nouvelles plantes dans mon jardin. Elles mesuraient bien deux mètres de haut, elles arrivaient presque au bord de l’appui de fenêtre ! Je les ai déterrées et les ai replantées chez un ami qui vivait dans la montagne. Nous avons planté d’autres graines là-bas, entre autres de l’herbe colombienne. Nous pensions que tout allait être facile, avec un peu d’attention, mais il s’est avéré que nous n’avions planté que des variétés équatoriales. »

Soma, pionnier de la culture du cannabis Soft Secrets France 4-2006

« La principale différence entre la culture d’herbe outdoor et indoor, c’est bien entendu le fait qu’on peut récolter qu’une fois l’an. C’est un travail angoissant car plus on s’approche de la récolte, plus on devient nerveux. Je ne parle pas que de moi ; c’est le cas de presque tout le village. C’est principalement à cause des petits avions qui volent parfois tellement bas qu’on peut voir les badges des membres des forces de la police nationale. Ils savent tout et surveillent tout en faisant des photos de tout le district. Nous avons la chance de notre coté. Nous cultivons principalement de la « Double Powerplay » (double purple) qui est beaucoup plus difficile à reconnaître du ciel qu’une herbe classique. »

Arthur, cultivateur de cannabis bio en Hollande Soft Secrets France 1-2007

«  J’ai rencontré le célèbre hasch « Full Melt Clear Done » la première fois que je suis allé à Amsterdam. C’était en 1995, j’y allais pour la Cannabis Cup. J’ai rencontré des amis qui importaient du matériel en chanvre et des vêtements du Népal et de Thaïlande. J’ai rencontré des amis d’amis, que j’appellerais le groupe « la vie est nulle sans bulles ». C’est là que j’ai vu pour la première fois du hasch qui fondait littéralement au travers du tamis et goutait le long du bang. J’étais complétement bluffé. Ca ressemblait à de la poudre sèche qui explosait en une éruption de bulles quand on la touchait avec une flamme. On n’en trouvait pas dans tous les coffeeshops et la technique n’était pas encore connue. En fait, ça n’existait pas en dehors de ces quelques personnes qui étaient des précurseurs. »

Bubbleman, spécialiste du bubble hasch Soft Secrets France 3-2007

« La formule 12-12 a été admise sans questionnement par les cultivateurs du monde entier. C’est probablement du à l’une de mes discussions techniques parues dans un de mes premiers livres. Le régime 12-12 a été choisi parce que le co-auteur et moi-même étions d’accord pour dire que peu importe la période critique d’une variété, avec 12 heures d’obscurité pour fleurir. Si les plantes de marijuana cultivées à l’extérieur avaient besoin d’une période nocturne de 12 heures pour fleurir, elles ne commenceraient à fleurir avant le 21 septembre, le premier jour de l’automne, quand le jour et la nuit ont la même longueur. Elles seraient mûres 6-8 semaines plus tard. En réalité, la plupart des variétés modernes sont mûres entre début septembre et fin octobre. »

Ed Rosenthal, auteur spécialiste du cannabis Soft Secrets France 1-2010

« J’avais déjà 25 ans quand j’ai fumé du cannabis pour la première fois. Je faisais une pause dans mes études de biologie pour visiter le Zimbabwe. Tout a changé quand on m’a proposé un joint de cannabis pur – une herbe africaine “du bush” dont les graines avaient été enlevées. J’ai toujours aimé l’odeur du hasch qu’on fumait autour de moi et donc, j’ai essayé et j’ai adoré! Ce fut le début d’un grand changement dans ma vie. Pendant plus de 7 mois en Afrique, j’ai trouvé certaines des meilleures herbes du continent. Je n’ai pas ramené les graines intentionnellement en Hollande; je les ai simplement trouvées dans l’herbe que j’ai ramenée à la maison, et pour un biologiste, il était normal de les cultiver. »

Simon, breeder Serious Seeds Soft Secrets France 1-2011

« Tout a changé aux Etats-Unis, c'est comme un autre pays. Quand je suis parti d'ici, j'avais très peur et on ne pouvait pas acheter de marijuana légalement, il fallait chercher beaucoup. Quand je suis revenu, c'était devenu possible. J'ai été très ému la première fois que j'ai pu acheter de l'herbe légalement aux Etats-Unis. C'est seulement quand j'ai quitté le site que j'ai réalisé et je suis resté sous le choc. J'étais là avec le sachet que je venais d'acheter et mon corps a commencé à trembler d'émotion. C'était illégal pendant toute ma vie et aujourd'hui, ça ne l'est plus. Au début, c'était une sensation très spéciale, comme un monde nouveau. C'était très fort de pouvoir acheter de la marijuana avec un reçu et tout, un reçu que je pouvais ensuite utiliser pour dégrever mes impôts. Acheter cette médecine ici pour la première fois fut une chose très, très émouvante. »

Jorge Cervantes, spécialiste du cannabis Soft Secrets France 4-2011

Part2 : 2012-2022

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