Les 20 ans de Soft Secrets France part2

Olivier F
12 Sep 2022

Soft Secrets France fête ses 20 ans et à cette occasion, nous vous proposons une série d’articles. Voici la deuxième partie de notre sélection de citations de personnalités cannabiques dans le journal Soft Secrets France. La première partie concernait la période 2002-2011. La deuxième partie couvre la période allant de 2012 à 2022. Durant cette période, nous avons réalisé de nombreuses interviews et le choix a été difficile.


« En général, je suis plutôt indica. Ma variété préférée, c’est la Kiki. C’est une variété jamaïcaine dont j’ai ramené plusieurs fois des graines et je conserve depuis maintenant cinq ans, quatre plantes mères. En Jamaïque, tu as les " short crops " et les " long crops ". La Kiki c’est une " short crop " Ce sont des plantes de petite taille que l’on récolte en février / mars. On l’appelle également " artist weed ". C’est la beuh pour les chanteurs, les musiciens. C’est la meilleure qualité, c’est à dire la " high grade "qui est, bien sûr, plus chère que les autres. Elle s’appelle Kiki car c’était en fait le surnom du " don " qui contrôlait un quartier de Kingston, le beau frère du chanteur Supercat. J’ai acheté beaucoup de cette weed quand j’étais là bas. »

Pierpoljak, chanteur Soft Secrets France 5-2012

« A l’époque, on était très motivés et on organisait pas mal de trucs. Nous avions un service minitel 3615 qui nous permettait de gagner de l’argent et de financer nos actions. On avait par exemple envoyé un joint d’herbe à chacun des 577 députés accompagné d’un petit livre que la plupart n’ont pas pris le temps de lire. Onze d’entre eux ont porté plainte contre nous. L’une de nos actions les plus spectaculaires a été la création d’un «cannabistrot» éphémère dans une rame de TGV le 1er avril 1994. A l’époque, il y-avait encore des wagons fumeurs. Nous en avons réservé un complet entre Paris et Lyon. Le contexte politique était différent et c’est le genre de manifestation qui ne pourrait plus avoir lieu maintenant. »

Jean-Pierre Galland, écrivain cannabique Soft Secrets France 4-2013

« Une année, j'avais plein de graines tombées de diverses acquisitions, que j'ai balancé dans un pot de terre sur ma terrasse. C'était l'année 2003, l'année de la grosse vague de chaleur. Quand je suis rentré de Corse, j'avais un buisson de 4 mètres de haut sur ma terrasse, on l'a choyé, arrosé, séché et fumé. Depuis, je n'ai pas recommencé, le soleil non plus. »

Philippe Manœuvre, journaliste  Soft Secrets France 4-2013

« J’adore voir mon herbe pousser. J’en ai une sur mon balcon. J’aime son odeur, ses grandes feuilles que j’enlève lors de la croissance et que j’utilise pour faire des bouquets odorants avec des roses, de la sauge, (elles tiennent vraiment bien en vase). Le titre Ma Plante dans l’album Verdure et Libido est une ode aux plantes que j’ai cultivé… »

Billy The Kick, chanteuse Soft Secrets France 5-2013

« Je suis heureux de savoir qu'il y a maintenant des pot shops ouverts au Colorado J’espère que c'est positif pour les fumeurs de pot. Je suis âgé de 72 ans. J’ai connu pendant presque toute ma vie, la prohibition du cannabis. Je suis habitué à l'économie souterraine, au secret et au mode vie hors la loi. J'ai des amis très proches qui cultivent et qui sont totalement hors la loi. Ils ne sont pas prêts à changer leurs habitudes et je les comprends. Je ne veux pas vraiment changer moi non plus. Je suis attaché à la façon dont les choses se sont passées et dont elles se passent encore. Mais le Colorado nous montre que nous allons tous devoir changer, ce qui signifie accepter l'inconnu sans savoir ou cela nous mènera. »

Jonah Raskin , journaliste et écrivain Soft Secrets France 1-2014

« J'ai étudié à l'Université de Californie à Santa Cruz. J’y suis arrivé en tant qu’étudiant en 1971. Lors de ma première soirée là-bas, j'ai fumé du cannabis. C’était lors de la soirée d'accueil de ma résidence. Depuis cette nuit, le cannabis n’a plus jamais quitté ma vie. Même si j'étais surtout intéressé par le cannabis, je devais écrire une thèse pour décrocher un diplôme. Ce fut The Botany and Ecology of Cannabis, que j'ai publiée moi-même en 1976. »

Robert C. Clarke, botaniste Soft Secrets France 3-2014

« L’origine du Fil Blanc de Cilaos nous est encore plus ou moins inconnue mais sa mysticité se devait qu’on s’attarde sur elle aussi. Elle à été découverte dans les Cirques de l’île et spécialement à Cilaos. Sur les flancs du Piton des Neiges, cette dame blanche semblable à une White Widow, aux pistils et trichomes très blancs, se porte à merveille, malgré les hauteurs ou on la cultive et ses températures pouvant atteindre 0°c en hiver austral. Très difficile à admirer dans leur environnement naturel, ses souches nous ont été transmises par de vieux gramounes (grands pères), qui ne sont pas adeptes du selfie ou de la photo. Ils nous ont juste permis de les contempler de nos yeux ébahis, laissant filer une larme en observant la fierté de ce vieux créole qui regardait son trésor avec passion. »

Gab Pacino, cultivateur et breeder à La Réunion Soft Secrets France 2-2015

« A l'époque, j'avais un ami qui cultivait en haut d'un arbre, un parterre d'environ 1m2 qui était rempli de petit pots, des africaines, du Zamal et ce qu'on appelait de la locale. J’étais très jeune et je l'ai aidé à arroser...C'était vraiment roots comme culture. J'ai commencé la culture en intérieur à l'age de 17 ans avec un ami qui avait ramené une lampe à l’hébergement du centre de formation ou j'étais jusqu'à ce que le responsable le découvre ! (rires). J'ai ensuite repris dans mon premier appartement que je partageais avec un ami. Pour moi, c'était naturel de cultiver ! J'avais vu ça quand j’étais jeune et le produit qui sortait de ses cultures était toujours meilleur que le hasch en plaquette qui prenait de plus en plus la place du marocain en savonnette traditionnel, du népalais, du pakistanais... »

JGL, cultivateur et breeder USC Soft Secrets France 4-2015

« Je crois qu'il y a un travail intéressant à faire du coté des professionnels du droit, de la police et de la gendarmerie qui, je pense, en ont assez de courir derrière de simples consommateurs ou des cannabiculteurs pour peu de choses. Je ne crois pas que les gendarmes et policiers de terrain, ceux qui font réellement le travail se satisfassent des heures de boulots, de patrouilles, de perquisitions, de procédures, de garde à vue à l'encontre de gens qui ne font qu'user d'un droit naturel, d'une liberté individuelle sans nuire à personne. Cette situation ne correspond pas à l'idée que la plupart se font de leur métier. Ils subissent également ce système injuste et ridicule. La solution que je préconise est sans conteste la légalisation. Elle seule permettra un contrôle de la qualité des produits, elle seule permettra l'auto-culture et elle seule sera conforme à l'idée que je me fais de la liberté individuelle. »

Jean-Luc Garcia, ancien gendarme Soft Secrets France 5-2015

«  Lorsque je parle d’abondance, je ne tiens pas forcément à parler de super têtes et de gros rendement, mais plus de diversité d’espèces en colorations variées, certes en profusion résineuse et aux terpènes révélés. J’expliquais dans le précédent article que ce serait un jardin multi-variétal et on le constate en découvrant les couleurs chatoyantes jaune, orange, pourpre en allant jusqu’au violet noirâtre. Les fleurs quand à elles, à la sénescence majestueuse et telles des bâtons d’encens, diffusent un ensorcelant et capiteux parfum nous entraînant à un enchantement cannabique. Débutant ou passionné, tout jardinier ressent l’exaltation des ses sens et sentiments en cultivant Dame Sativa ou Indica. »

Botaquantik, cultivateur et breeder Soft Secrets France 6-2015

« Techniquement, il est impossible pour un non résident de se procurer une ordonnance médicale mais Los Angeles réserve bien des merveilles. Il y a dans cette ville, un endroit magique où les touristes de tous horizons peuvent obtenir une prescription pour de la marijuana médicale ! Cet endroit c’est … Venice Beach, mon quartier favori. C’est d’ailleurs pour ça que j'habite à deux pas. C’est bien sûr le quartier de Jeff Lebowski, mais c'est aussi sur cette plage que Jim Morrisson et Ray Manzarek décidèrent de créer les Doors, que Jay Adams, Stacey Perralta et Tony Alva ont révolutionné le skateboard. Bref, c'est un quartier chargé d’histoire. »

Julien, cultivateur Botafarm Soft Secrets France 6-2015

« En ce moment, je travaille sur un projet très intéressant. Ce sont des graines de 1993/1994 qui n'avaient jamais été utilisées et qui m'ont été données par le patron de TH Seeds. Il s'agissait d'une culture en outdoor sur une terrasse à Amsterdam ou l'équipe faisait quelques croisements. Ce sont des graines de Chocolate Chunk, une variété afghane de type indica. Etonamment, malgré leur grand age, ces graines ont germées facilement. »

Julien L, cultivateur et breeder TH Seeds, Soft Secrets France 2-2016

« Hashishin est le terme utilisé par mes amis afghans pour désigner un maître dans la fabrication du hashish. Aujourd’hui, un Hashishin est une personne qui consacre sa vie à la résine de cannabis. L’Inde et le Népal étaient des pays qui avaient des cultures de résine de cannabis différentes. J’avais expérimenté le hashish en Europe avant de voyager en Inde, mais j’ai trouvé une nouvelle manière de récolter la résine au pied de l’Himalaya, dans le territoire du Charas. La résine est récoltée directement sur les plantes à l’apogée de la floraison, au lieu d’être extraite des plantes traitées et séchées. C’est une expérience très différente à plusieurs égards. C’est magique de récolter dans la paume de ses mains la résine de plantes de cannabis sauvages sur les montagnes de l’Himalaya. Les saisons que j’ai passées à récolter la résine dans le nord de l’Inde, à Malana et dans la vallée du Parvati on été des moments d’émerveillement et de pur plaisir. »

Frenchy Cannoli, spécialiste du haschisch Soft Secrets France 4-2017

«  Je m’occupais d’une culture commune dans mon ancien appartement. Nous avions une minuterie qui allumait les lumières 12 heures par jour. Nous avions aussi un moniteur de température et une lampe de 600W. C'est agréable d'avoir une culture intérieure. Vous pouvez vous asseoir et regarder les plantes. C’est magique de les voir quand elles se rapprochent de la maturité. C'est comme un miracle de les voir devenir de grandes et belles plantes avec de gros bourgeons qui ressemblent à des collines couvertes de givre avant une tempête de neige. J’ai adoré la récolte aussi. »

Soom T, chanteuse Soft Secrets France 6-2017

« Aujourd’hui et finalement en quelques mois, je pense que nous sommes parvenus à modifier l’image du cannabis. Même s’il reste encore beaucoup de pédagogie à produire vis-à-vis des plus réfractaires, la société française commence à bouger. Localement, en Creuse, tout le monde a bien compris les bénéfices économiques et sociétaux d’un tel projet. Le sujet est très idéologique. Alors qu’un sondage annonce que plus de 80% des français sont favorables au cannabis thérapeutique, nombre de médecins refusent de s’y intéresser alors qu’ils n’hésitent pas á prescrire des opiacés, dérivés de l’opium, sans se poser de questions. »

Eric Correia, Président de l’Agglomération du Grand-Guéret Soft Secrets 6-2018

« J'ai fait pousser 3 années vers mes 25 ans, trois étés d'affilée. La première année, j'avais 11 pieds et la dernière, 22. J'ai pris le truc un peu trop au sérieux, je crois. A ramener des centaines de kilos de terre, d'engrais bio, arroser tout les 2-4 jours en plein milieu de la forêt… Je payais des potes pour arroser! Ha ha ! Certains de mes pieds faisaient bien plus de 2m50. C’était un vrai métier, ça prenait du temps! Je récoltais plusieurs kilos chaque année. C'était ma période géant vert ! J'ai appris avec des amis, passionnés, dont un particulièrement qui est devenu commissaire de police ! Il était tellement bon, lui. Il savait faire pousser, putain ! »

Alix, chanteur Odezenne, Soft Secrets France 6-2018

« Pour ma part, je suis un grand passionné de biologie depuis très jeune. Je me rappelle qu’à huit ans j’avais déjà une grande variété de reptiles exotiques, ma chambre était une vraie forêt tropicale. Travailler dans le domaine de la biologie ma toujours semblé logique. A l’adolescence j’ai très vite découvert les joies de la guérilla. Entrer dans un lycée horticole m'a  paru nécessaire. J'ai donc fait les études dans le domaine horticole : en filière scientifique puis Productions Horticoles et amélioration des semences… Et bien sur, diverses expériences professionnelles en « tissue culture » et production de potée fleurie…La pression en France étant trop forte, je suis rapidement parti sous le soleil de Catalogne puis de la Californie ! »

Quentin, breeder Aficionado French Connection Soft Secrets France 2-2019

« On demande à nos nouveaux adhérents s’ils sont capables de cultiver pour se garantir leur traitement sans interruption thérapeutique. L’association réunit des personnes avec des pathologies très différentes et notre travail est de trouver pour chaque membre la meilleure variété en accord avec chaque pathologie. Pour ce faire, nous partageons des petites quantités de 5-6 variétés qui circulent entre nous pour comprendre laquelle fonctionne le mieux et après, nous leur donnons directement les boutures. En faisant des ateliers Skype, on apprend à jardiner et on apprend aussi les différentes manières d’en faire usage : gélules, vaporisation et pommade. Un tiers des adhérents sont arrivés suite à des problèmes avec la justice, premièrement pour être renseigné, mais surtout soutenu moralement. »

Fabienne Lopez, association Principes Actifs Soft Secrets France 2-2019

« Nous avons décidé d'améliorer les choses et avons copié le mode de fonctionnement des producteurs en serre néerlandais. Lors de la deuxième session, nous avons mis en place une culture avec de la laine de roche, un ordinateur doseur de CO2 et un climatiseur. Nous sommes allés chercher des graines aux États-Unis parce que nous voulions nous débarrasser des sativas exotiques. Nous avons réussi à mettre la main sur de belles graines de Williams Wonder. Notre deuxième session a été un grand succès. Quelques kilos de sinsemilla ! Nous l'avons vendu à un coffee-shop pour 5000 florins par kg, un prix bien meilleur que celui de l’herbe africaine et colombienne (1000 florins par kg). »

Karel Schelfhout, pionnier de la culture du cannabis Soft Secrets France 3-2019

« Les gouvernements font toujours la même erreur ! Ils pensent avoir le droit de déterminer ce qu'un autre humain est autorisé à penser ou à fumer. La légalisation ne m'intéresse pas, je veux que le cannabis soit gratuit ! Quand les gouvernements parlent de réglementation, je pense qu'ils devraient d'abord admettre qu'ils ont commencé la guerre contre le cannabis et l'ont perdue ! Il n y jamais eu autant de personnes qui utilisent dans le monde. Je pense que les gouvernements devraient s’excuser pour toutes les souffrances qu’ils ont causées et peut-être que nous pourrons ensuite discuter de la réglementation. »

Wernard Bruining, pionnier du cannabis et créateur du journal Soft Secrets Soft Secrets France 4-2019

« La prohibition est l’antibiotique des idiots : plus il y en a et moins ça fonctionne, moins ça fonctionne et plus il en faut, les spécialistes parlent de phénomène d’autopoïèse. Mettons-y un terme, en assumant nos consommations et ce que nous sommes. Et à défaut de mettre de la beuh dans la charrue, mettons la charrue avant la beuh, nous avons suffisamment perdu de temps et comme l’écrivait le grand Thiers, " le pouvoir, même le plus éclairé, ne peut pas toujours se défendre de certains mouvements d'impatience. " »

Béchir Bouderbala, militant pour la légalisation Soft Secrets France 5-2019

« La variété traditionnelle Marocaine, la Beldia, n'est pas la plus forte en THC mais son goût de miel de fleur mentholé et ses effets cérébraux sont uniques. Dès que l'on sort du schéma de marché noir du à la prohibition, le taux de THC n'est plus le critère principal de qualité. De même que les amoureux de hash Mazari ou de Libanais rouge recherchent l'authentique Milk of Mazar ou Libanais rouge , les amateurs de hash marocain ne veulent pas aller au Maroc pour gouter a du hash de « Gelato Cookie » mais bel et bien pour déguster le vrai hashish blond chocolaté marocain. De plus, les variétés hybrides modernes consomment 3 a 5 fois plus d'eau et d'engrais que la Beldia marocaine traditionnelle, qui s'est parfaitement adaptée au climat aride du Maroc au fil des siècles. »

Aladdin, breeder Khalifa Soft Secrets France 2-2020

« Le travail est pour 70% constitué par l’observation de la physiologie des plantes (la structure, la couleur, les nervures e les espaces internodales, la prolifération racinaire). Les 30% restants, c’est l’eau car je travaille en hydroponie active et donc, mes plantes me donnent immédiatement des infos qui m’aident à comprendre ce qui leur arrive, leur fonctionnement, leur consommation et leur régulation. Les trois variables fondamentales sont le Potentiel Hydrogène PH, l’EC et l’oxygène. À grande échelle, comme les personnes, chaque variété et chaque plante fonctionne d’une manière différente. Par exemple, on sait que les Indica consomment plus de fertilisants que les Sativa. »

Alexandre Zwojsczyki, cultivateur et breeder en Suisse  Soft Secrets France 4-2020

« Lorsqu’on évite la pollinisation, comme c’est le cas pour le cannabis avec la sinsemilla, les fruits sont alors appelés fruits parthénocarpiques. C’est le cas de nombreux fruits tropicaux comme la banane. Cette théorie devra être confirmée par des scientifiques ou des botanistes mais je pense qu’il y 95 % de chance qu’il s’agisse de fruits et non de fleurs. »

Kenzi Riboulet-Zemouli, chercheur indépendant Soft Secrets France 3-2021

« La prohibition actuelle ne laisse que peu de place à l’action. Le meilleur conseil que l’on peut donner est de connaître ses droits, de savoir réagir correctement en cas d’interpellation, mais aussi de se faire accompagner au mieux par un avocat spécialiste. Il faut aussi démontrer que la généralisation des tests salivaires sur la route et la mise en place de l’amende forfaitaire délictuelle ne sont en rien des politiques de santé publique. Pour cela nous avons besoin de plus de soutiens et de données. »

Florent Buffière, NORML France Soft Secrets France 6-2021

« Cette expérimentation, je ne la renierai pas. Nous avons beaucoup travaillé pour qu’elle ait lieu. Mais elle est critiquable sur de nombreux points. Les « cols blancs » ont pris des décisions, l’avis de l’ANSM n’étant que consultatif. Nos recommandations n’ont pas été suffisamment prises en compte au niveau gouvernemental. Nous avons quand même pu faire bouger certaines choses. Au départ, l’expérimentation ne devait pas inclure les patients qui consommaient déjà du cannabis. Nous avons du beaucoup batailler pour faire annuler cette disposition. Je pense qu’ils devraient plus prendre en compte l’intérêt des malades. »

Bertrand Rambaud, co-fondateur de l’UFCM Soft Secrets France 1-2022

« Il y a de nombreux hybrides avec des proportions variables de souches indica et sativa. Globalement, je dirais que je préfère les herbes cultivées en outdoor plus naturelles et meilleures au goût. Comme je le disais précédemment, j’aime ce qu’on appelle la sensi. Je dirais aussi que je suis fan de Silver haze et de Haze en général. En Espagne, c'est une herbe très populaire et bon marché, 5 euros le gramme environ, par opposition à la mode Gelato, G13…etc. De mon point de vue, l’important n’est pas le nom de la variété, la beauté des têtes ou l'odeur mais plutôt le goût et l'effet. »

DJ Vadim, DJ et compositeur Soft Secrets France 2-2022

« J'ai pris des macrophotographies toute ma vie mais il n'y a pas beaucoup de travail professionnel. J'ai posté quelques photos de fleurs que j'avais achetées dans un dispensaire et elles ont été republiées par le cultivateur. Après cela, j'ai commencé à être approché par d'autres producteurs qui souhaitaient faire photographier leurs fleurs. »

Erik M, photographe et réalisateur spécialisé dans le cannabis Soft Secrets France 2-2022

 «On distingue trois grands types de consommation de psychotropes chez les humains : d’abord un usage magique, rituel, religieux ; ensuite un usage médical  et enfin tous les autres types d’usages, on dirait « récréatifs » aujourd’hui mais jen’aime pas ce terme qui occulte la prise de substance pour mieux se connaitre, pour faire des expériences par exemple. Donc le cannabis a été consommé pour ces trois grandes raisons tout au long de notre histoire avec lui. Ce n’est que depuis le début du XXe siècle que sa consommation est stigmatisée et interdite, principalement pour des raisons racistes et politiques, certainement pas pour des raisons sanitaires, même si on a l’impression que c’est cela qui a compté. »

Zoë Dubus, spécialiste de l'histoire des psychotropes Soft Secrets France 4-2022

« Je suis un rouleur de spliff traditionnel... Le fait de grinder herbe, de rouler un spliff et de l'allumer nous rappelle quelque chose de profondément ancré dans notre expérience humaine. »

Harrison Stafford, chanteur de Groundation Soft Secrets France 3-2022

Première partie : 2002-2011

Olivier F

 

 

O
Olivier F