Reefer songs : histoire du jazz et de la marijuana
Les musiciens de jazz ont été parmi les premiers à consommer du cannabis aux États-Unis. A partir des années 20, les musiciens et les chanteurs ont commencé à fumer de la marijuana dans les clubs de jazz et à célébrer la plante dans leurs morceaux. On les appelait à l’époque Reefer songs. Ce sont les ancêtres des ganja tunes. Plusieurs compilations regroupent ces reefer songs sortis pour la plupart entre les années 1920 et 1940.
L’arrivée du cannabis aux États-Unis
Le cannabis est arrivé aux États-Unis au début du 20eme siècle. Il était importé principalement du Mexique. Après la Révolution mexicaine, les migrants ont fui vers le nord et ont amené avec eux la marijuana à usage récréatif. Le chanvre industriel avait été importé au Mexique par les conquérants espagnols. Mais le climat a permis aux fleurs de se développer et les mexicains ont commencé à fumer la marijuana sous forme de joints dès le 19eme siècle.
Dans certaines villes portuaires comme La Nouvelle-Orléans, les marins caribéens et latino-américains ont aussi contribué à la diffusion de la marijuana aux États-Unis. La Nouvelle-Orléans était l’une des villes les plus festives aux États-Unis. Les premiers consommateurs de cannabis étaient principalement des immigrants mexicains, des ouvriers noirs et des marins.
A cette époque, le cannabis était cultivé au Mexique et importé aux États-Unis. Il existait également une culture locale à petite échelle dans les États du sud comme le Texas ou la Louisiane. L’herbe était souvent compressée et contenait des fleurs mais aussi des branches et des graines
Dès les années 1920, les communautés afro-américaines, notamment les musiciens, ont commencé à intégrer le cannabis dans la vie nocturne. Il est devenu particulièrement populaire auprès des musiciens de jazz, qui appréciaient ses effets relaxants qui stimulent la créativité et favorisent l'improvisation.
Les reefers songs
Les musiciens de La Nouvelle-Orléans et de Chicago ont commencé à consommer de la marijuana. Le célèbre musicien Louis Amstrong a été parmi les premiers à revendiquer sa consommation.
« Nous avons toujours considéré le cannabis comme une sorte de médicament. Nos pensées étaient bien plus saines que celles d'une personne ivre… Nous nous appelions les « Vipères », un terme qui pouvait désigner n'importe qui, de tous horizons, qui fumait et respectait le « gage » C'était notre petit surnom affectueux pour la marijuana », a déclaré Louis Amstrong dans une interview en 1971.
La consommation de cannabis était répandue dans le jazz. Parmi les amateurs, On trouve des grand noms comme Cab Calloway, Duke Ellington, Benny Goodman, Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou Billie Holiday.
Parmi les reefer songs les plus populaires, on peut citer « Viper Mad » de Sidney Bechet « Here Comes the Man with the Jive » de Stuff Smith and his Onyx Club Boys, « Have You Ever Met That Funny Reefer Man » de Cab Calloway, « Weed Smokers Dream » par The Harlem Hamfats, « Muggles » de Louis Amstrong, « All the jive is gone » d’Andy Kirk And His Twelve Clouds Of Joy, « Sendin' The Vipers » de Mezz Mezzrow And His Orchestra
Mezz Mezzrow était un clarinettiste et un saxophoniste de jazz. C’était également le dealer de cannabis de Louis Armstrong et une figure marquante de la culture du cannabis dans le jazz. Il a été arrêté en 1940, après avoir été trouvé en possession de soixante joints alors qu'il essayait d'entrer dans un club de jazz.
C’est notamment dans les clubs de jazz de Harlem qu’on écoutait du jazz et qu’on fumait de la marijuana. Selon un rapport publié dans les années 30, il y avait 500 vendeurs de cannabis et 500 magasins de cannabis appelés tea-pads à Harlem.
Les noms communs des cigarettes de cannabis vendus à Harlem sont : reefers, herb, gage et sticks. Le prix est généralement de 25 cents par cigarette de marijuana. La cigarette Gungeon est considérée comme la meilleure. Le prix est d’environ 1 dollar par cigarette. « La vente de cette cigarette est réservée à une clientèle dont le statut économique est d'un niveau supérieur à celui de la majorité des fumeurs de marijuana. Un consommateur confirmé de marijuana peut facilement distinguer la qualité et la puissance de diverses marques… »
À l'origine, le terme« joint » désignait un lieu, souvent une pièce annexe d'un club de jazz, où les musiciens se retrouvaient de manière informelle. Ces espaces étaient associés aux sessions tardives, à la détente et à la consommation de cannabis. Avec le temps, le sens a évolué. À la fin des années 1930, « joint » a commencé à désigner directement une cigarette de marijuana roulée, sens qu'il conserve encore aujourd'hui.
Petit lexique
Reefer : marijuana
Reefer man : fumeur de marijuana
Viper : fumeur de marijuana.
Muggles : marijuana
Tea : marijuana
Tea stick : cigarette de marijuana
Mezz : marijuana de haute qualité (en référence à Mezz Mezzrow)
Gage : cigarette de marijuana
Jive : marijuana
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