Les 7 villes néerlandaises où les coffeeshops refusent toujours les touristes

Soft Secrets
15 Feb 2025

Qu‘est-il advenu des « wietpas » néerlandais et de l‘interdiction des coffeeshops pour les touristes ? Douze ans après l‘introduction de cette mesure controversée, seules quelques villes appliquent encore cette interdiction. Qui sont ces derniers des Mohicans ?


Par Derrick Bergman / Gonzo Media

Historique du « cannabis pass »

Tout d‘abord, un peu d‘histoire. L‘idée d‘interdire l‘accès aux coffeeshops aux touristes provient de la province néerlandaise la plus méridionale, le Limbourg. Il y a plus de 15 ans, à Maastricht, huit municipalités limbourgeoises possédant des coffeeshops ont présenté une réclamation commune concernant les nuisances causées par les visiteurs étrangers dans les coffeeshops.

L‘une des mesures qui a été proposée était la suivante : « Accès réservé aux résidents des Pays-Bas ». À partir du 1er janvier 2010, l‘accès aux coffeeshops limbourgeois a été soumis à l‘obtention d‘un « weed pass ». Et ce laissez passer n‘était accessible qu‘aux résidents des Pays-Bas.

Cette proposition a donné lieu à une longue bataille juridique avec les coffeeshops. Ces derniers considéraient le « weed pass » comme une discriminatoire et donc, en violation de l‘article 1 de la Constitution. Le gouvernement néerlandais entré en fonction en octobre 2010 comptait dans ses rangs le plus grand ennemi des coffeeshops depuis leur création dans les années 1970 : le ministre de la justice Ivo Opstelten. Inspiré par l‘approche limbourgeoise, il a élaboré un plan pour établir un laissez passer national pour le cannabis. Pour ce faire, il a élaboré deux nouveaux critères pour les coffeeshops : le critère de la résidence et celui
du « club fermé ».

Ces nouveaux critères devaient entrer en vigueur le 1er mai 2012, mais uniquement dans les trois provinces méridionales du Limbourg, de la Zélande et du Brabant. Peu avant cette date, le gouvernement s‘est effondré, mais l‘introduction du laissez-passer pour le cannabis se poursuivra comme d‘habitude, a assuré le ministre Opstelten aux journalistes : « Nous commençons au sud des grands fleuves, puis nous avançons au nord des fleuves ». Cette proposition envisageait que ces deux critères s‘appliquent à l‘ensemble des Pays-Bas à partir du 1er janvier 2013. Heureusement, il n‘en a rien été.

Le nouveau gouvernement qui a pris ses fonctions fin 2012 a supprimé le critère du « club fermé ». Dans le Sud, cette obligation d‘enregistrement a provoqué un désastre. Presque plus personne ne fréquentait les coffeeshops et le marché noir a prospéré. Le critère de résidence a été maintenu, mais les municipalités ont été autorisées à faire du « surmesure local ». Elles ont été autorisées à choisir ce qu‘elles  voulaient faire du critère de résidence. La plupart des municipalités n‘ont pas eu - et n‘ont toujours pas - à souffrir des nuisances causées par les visiteurs étrangers dans les coffeeshops. Elles étaient heureuses de ne plus devoir imposer cette règle discriminatoire.

Dans ces 7 villes néerlandaises, les coffeeshops doivent toujours refuser les touristes

Avance rapide jusqu‘à 2025. Le groupe des municipalités qui appliquent encore le critère de résidence est de plus en plus restreint. Certaines municipalités ont tenu bon pendant longtemps; Goes, en Zélande, n‘a cessé de l‘appliquer de manière permanente qu‘au mois d‘août. Il n‘est pas facile de savoir dans quelles villes les touristes se voient encore refuser l‘entrée.

Le cabinet d‘études Breuer & Intraval étudie les coffeeshops depuis des décennies. Son dernier Coffeeshop Monitor (2023) comprend un tableau indiquant le nombre de municipalités qui ont ou n‘ont pas inclus le critère de résidence dans leur politique et qui le contrôlent avec une priorité faible ou élevée.

Sur la base de ces chiffres, on pourrait dire que 34 municipalités contrôlent toujours activement le critère de résidence. Mais la réalité est différente. Les 30 municipalités qui contrôlent avec une faible priorité disent qu‘elles ne contrôleront que s‘il y a une nuisance causée par le tourisme de la drogue. En fait, seules quatre des 102 municipalités font réellement des contrôles basés sur la résidence.

- Maastricht (14 coffeeshops)

- Sittard-Geleen (4 coffeeshops)

- Heerlen (3 coffeeshops)

- Terneuzen (1 coffeeshop)

- Breda (8 coffeeshops)

- Dordrecht (5 coffeeshops)

- Zwijndrecht (1 coffeeshop)

Au total, 36 coffeeshops sont concernés sur les 564 cafés que comptent les Pays-Bas, soit 6,4 %. Espérons qu‘à l‘avenir, ces derniers des Mohicans seront également autorisés à accueillir à nouveau toutes les personnes âgées d‘au moins 18 ans et plus et qu‘ils n‘auront plus à discriminer leur clientèle.

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