Gad le Mexicain : du football au cannabis

Olivier F
02 Apr 2025

Gad Messika aka Gad le Mexicain est journaliste pour le magazine spécialisé dans le football So Foot et d’autres magazines du groupe So Press. Il a créé sa propre société de production audiovisuelle, Wagwan, avec laquelle il réalise des reportages à travers le monde sur le cannabis, diffusés sur YouTube. Gad le Mexicain a tourné des reportages au Maroc, à Barcelone et en Thaïlande. Il présente également le Journal du Hash, un programme court sur l’actualité du cannabis…


SSFR : Comment es-tu devenu journaliste chez So Foot ?

Gad le Mexicain : Je suis rentré chez So Press, le groupe de presse qui publie entre autres So Foot, Society et So Film, après un stage de 3eme. Devenir journaliste sportif était mon rêve et j’ai tout fait pour le réaliser. Après mon stage, je venais régulièrement après les cours pour apprendre. Je suis passionné par le foot depuis que je suis enfant. J’ai fait des études de langues étrangères appliquées pour apprendre l’anglais et l’espagnol. Et depuis l’âge de 18 ans, je travaille en tant que pigiste chez So Foot.  

Quelle équipe soutiens-tu ?

Je soutiens la meilleure équipe du monde, l’Olympique de Marseille !  Je suis un parisien pure souche mais je suis supporter de l’OM en souvenir de mes vacances passées dans le sud quand j’étais petit et aussi pour la rivalité avec mon frère qui était pour le PSG…

Y a-t-il beaucoup de fumeurs dans les tribunes ?

La culture du cannabis dans le football est une institution, que se soit au Vélodrome, au Paris Saint-Germain et dans tous les stades de France, d’Europe et même du monde. Un stade, c’est fait pour bédave, en fait. Ce n’est plus le cas dans certains stades en Europe mais le stade Vélodrome est un bon exemple de ce que peut être le cannabis dans le football. Dans l’univers des supporters, notamment des « ultras », c’est quelque chose d’important. En général, je vais dans la tribune des ultras et il m’est arrivé de discuter produits à la mi-temps, d’échanger des morceaux de hasch avec les supporters. Le stade est un bon endroit pour observer ce que font et pensent les gens. On voit des petits jeunes ou des anciens fumer. C’est un lieu ou les fumeurs peuvent se retrouver autour de la passion du football.

Mon dernier exemple en date est le stade de Zurich. J’y suis allé pour le Derby de Zurich, une rencontre entre le FC Zurich et le Grasshopper Club Zurich. Et je me suis rendu compte que tout le monde craquait son spliff au milieu des spectateurs comme si c’était normal. Au stade, le cannabis est quelque chose d’accepté ou au moins toléré, bien plus que dans les rues de France ou d’Europe. C’est vraiment un endroit où les gens viennent profiter, boire un coup, fumer un spliff, regarder leur équipe favorite, être entre potes. Et surtout, même si ils viennent tout seuls, ils peuvent s’en faire. Le football comme le cannabis, sont aussi des bons moyens de se faire des potes. 

Les stades sont des lieux en plein air où, contrairement aux concerts, il n’est pas interdit de fumer du tabac… 

La plupart des stades sont en plein air. Il y a énormément de place. Les stades où il est interdit de fumer même des cigarettes sont rares. L’exception est le Parc des Princes, un lieu totalement aseptisé. Il y aura toujours l’odeur du hasch et de la weed dans les stades que ce soit en première ou en seconde division ou en division amateur. Ce sont de véritables réunions de fumeurs en division amateur. 

Connais-tu des joueurs qui consomment du cannabis ou du CBD ?

Le cannabis et le football, c’est un tabou. Il y a surement des joueurs qui fument. Bernard Lama, le goal de l’équipe de France, a été testé positif en 1998. On a toujours soupçonné aussi Fabien Barthez de fumer. Mais aucun joueur n’a jamais fait son coming out de la weed. 

Peux-tu nous présenter ta société de production Wagwan ?

Wagwan signifie what’s going on en patois jamaïcain. J’ai trouvé ce nom après mon voyage en Jamaïque en 2016 pour So Foot. J’ai monté ma société de production de vidéos pour faire des interviews et des reportages notamment sur le cannabis. Nous sommes au total une dizaine de personnes. C’est un travail passionnant.

Quels sont les différents programmes sur le cannabis ? 

« Tanger Danger » est un reportage en trois parties avec El Professeur sur les plantations de cannabis dans le riff marocain. J’ai rencontré El Professeur au Maroc et c’est devenu un ami. C’est un passionné de hasch qui a été un peu mon guide dans le milieu. « Barcelone: nouvelle capitale européenne de la weed ? » est un reportage à la Spannabis 2024. Nous avons également fait des reportages dans les cannabis social clubs de Barcelone et à la Canna French Cup. Nous avons également le Journal du Hash, un programme court mensuel sur l’actualité du cannabis.

Votre dernier reportage a été tourné en Thaïlande…

Notre dernier reportage tourné en Thaïlande et intitulé «  Welcome to Thailifornie » est divisé en 6 épisodes d’une vingtaine de minutes. Les 4 premiers épisode sont déjà sur YouTube. Nous diffusons un nouvel épisode chaque semaine. Pour le reportage, on a parlé avec des spécialistes du cannabis, des médecins, des activistes, des growers… On a parlé avec tout le monde !

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