Le cannabis est-il de droite ou de gauche ?

Jusqu’à présent, seuls les partis et les personnalités de gauche s’étaient prononcés pour la légalisation du cannabis. La droite française a souvent prôné le libéralisme économique mais sur les questions sociétales, elle a toujours été très conservatrice. Mais l’arrivée d’Emmanuel Macron a fait imploser les partis traditionnels et a libéré la parole des politiques. Trois maires Les Républicains viennent de publier une tribune pour la légalisation du cannabis dans le Journal du Dimanche.

La droite à l’origine de la prohibition

C’est bien la droite qui est à l’origine de la prohibition du cannabis que nous connaissons actuellement. Le 31 décembre 1970, une loi particulièrement sévère a été votée à l’Assemblée Nationale. Georges Pompidou était alors président de la république. Cette loi punit la simple consommation du cannabis d’un an de prison et de 3750 euros d’amende. La pénalisation de l’usage de drogue n’était alors qu’un prétexte pour lutter contre les mouvements contestataires, comme ceux de Mai 68, qui faisaient très peur au gouvernement. La consommation de cannabis faisait partie de la contre-culture.

La loi de 70 a très vite été contestée. Les pétitions comme celle du 18 Joint 1976, étaient alors signées par des artistes et des personnalités issues de la gauche. Les anti-prohibitionnistes pensaient que l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 permettrait la dépénalisation du cannabis. François Mitterrand est resté 14 ans à l’Élysée mais rien n’a changé durant cette période.

La parenthèse Jospin

.Le retour de la droite au pouvoir en 1995 a ouvert une longue période de prohibition. Mais en 1997, la victoire de la gauche aux élections législatives après la dissolution de l’assemblée a permis l’arrivée de Lionel Jospin au poste de premier ministre. Cette période de cohabitation était en quelque sorte une parenthèse dans la politique des drogues. Lionel Jospin avait reconnu avoir déjà consommé du cannabis et s’était prononcé pour la dépénalisation. La circulaire « Guigou » demandait aux forces de l’ordre de ne plus interpeller les simples consommateurs de cannabis. Quelques années plus tard, l’ex-ministre de l’intérieur du gouvernement Jospin, Daniel Vaillant a publié un rapport favorable a la légalisation du cannabis.

La droite à la manœuvre

C’est une chose peu connue mais au début des années 2000, sous la présidence de Jacques Chirac, le gouvernement de droite a failli réviser la loi de 1970. C’est ce que nous révèle cet article publié par le journal Le Monde le 4 mai 2005 : « Considérant, à l’instar de l’ensemble des intervenants en toxicomanie, que la peine d’emprisonnement est devenue “inadaptée” à la consommation de cannabis, le gouvernement avait envisagé, en 2003, de la supprimer. Après un vif débat entre ministères, il y avait finalement renoncé, en plein été 2004 : dans le plan gouvernemental 2004-2008, rendu public le 26 juillet, il est ainsi expliqué que la réforme de la loi de 1970 “se heurte à certains obstacles juridiques et ne semble pas opportune actuellement”. »

Les ministres de l’intérieur

On se souvient de certains ministres de l’intérieur de droite particulièrement sévères avec les trafiquants et les consommateurs de cannabis : Charles Pasqua, Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy, le modèle du ministre de l’intérieur actuel, Gérald Darmanin.

Mais certains ministres de l’intérieur de gauche se sont montrés tout aussi virulents et ont continué d’appliquer une politique anti-cannabis très sévère. On pense bien sur au ministre de l’intérieur de François Hollande, Manuel Vals, connu pour sa haine du cannabis. Avant son élection, François Hollande s’était pourtant dit favorable à un débat européen sur la légalisation du cannabis. Une fois de plus, la déception a été au rendez-vous.

Les élections de 2017

En 2017, la plupart des candidats de gauche à l’élection présidentielle avaient dans leur programme, la légalisation du cannabis. Même le candidat Macron s’était prononcé pour la dépénalisation dan son livre « Révolution » ! On connaît la suite. Les candidats de droite, François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen restaient totalement opposés à la légalisation du cannabis ou à un assouplissement de la loi..

L’arrivée d’Emmanuel Macron a rabattu les cartes. Les partis traditionnels ont été considérablement affaiblis et la notion de droite et de gauche a tendance à disparaître. Le gouvernement intensifie sa politique répressive mais certains députés du parti macroniste, la République en Marche se déclarent favorable à la légalisation.

Une tribune dans le JDD

Trois maires de droite, membres du parti Les Républicains (LR) viennent de publier une tribune dans le Journal du Dimanche. Arnaud Robinet, le maire de Reims, Boris Ravignon, le maire de Charleville Mézières et Gil Avérous, le maire de Châteauroux demandent la légaisation du cannabis : « Nous en sommes convaincus, légaliser la consommation du cannabis est aujourd’hui indispensable pour reprendre la main en matière de sécurité dans tous les quartiers de notre pays. La fermeté passe par un effort de lucidité. »

La légalisation pour de mauvaises raisons

De nombreuses personnalités, qu’elles soient de droite ou de gauche se prononcent pour la légalisation mais ce sont souvent de mauvaises raisons qui justifient ce choix. Les principaux arguments pour la légalisation ou la dépénalisation devraient être la liberté individuelle et la protection des consommateurs.

Ces hommes politiques considèrent souvent le cannabis comme nuisible mais pensent que la légalisation est le seul moyen de mettre fin au trafic dans les cités. Les taxes sur le cannabis pourraient rapporter beaucoup d’argent à l’état et c’est l’un des arguments mis en avant par les politiques, les économistes et les think-tanks.

Olivier F

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