Wernard Bruining fait partie des pionniers du cannabis hollandais

Wernard-Bruining
C’est une véritable légende que nous avons eu la chance d’interviewer ! Wernard Bruining fait partie des pionniers du cannabis hollandais. Il est le fondateur du premier coffee-shop au Pays-Bas en 1973, le Mellow Yellow, du premier growshop, Positronics en 1985 et créateur du journal Soft Secrets avec sa femme Yolanda, toujours en 1985. Aujourd’hui, Wernard se consacre au cannabis médical et se met au service des patients en leur apprenant comment extraire leur huile de cannabis.

SSFR : À quel âge et dans quelles circonstances as-tu fumé ton premier joint ?

Wernard Bruining : J’ai fumé mon premier joint en 1968, à l’âge de 18 ans. Il y avait un bureau du syndicat étudiant d’Amsterdam (ASVA) juste au coin de l’école des professeurs que je fréquentais en tant qu’étudiant. J’ai passé pas mal de temps au bureau du syndicat. J’ai appris à fumer du hasch (avec du tabac) et je suis resté quelques mois chez un anarchiste allemand qui m’a appris à créer une révolution. Je me suis rendu compte que quelque chose n’allait vraiment pas. Je devais entraîner les enfants à obéir. J’ai donc quitté l’école d’enseignants en 1969 et le 1er janvier à 1 heure du matin, je suis allé dans une soirée dans un centre de jeunesse appelé Second Some sur le Keizersgracht 648 in Amsterdam. C’était mon entrée dans le monde hippie dans lequel je vis toujours, principalement.

Tu préfères le haschisch ou la marijuana ?

La marihuana bien sûr.

Quelle est ta variété préférée ?

La Citral est la variété favorite de Yolanda et moi depuis 95 ou 96.

Dans quel pays as-tu fumé la meilleure herbe ?

Aux USA en 1979, une vrai Sinsemilla très bonne et, en 1980, des thai sticks aussi épais qu’un gros cigare cubain ! Jamais rien vu de tel !

En 1973, tu as ouvert le premier coffeeshop néerlandais, le Mellow Yellow. À l’époque, vous ne vendiez pas d’herbe cultivée en Hollande. Comment avez-vous sélectionné et importé le haschisch?

J’ai sélectionné les grossistes! S’ils étaient corrects, ce qu’ils vendaient était correct ! Afin de fournir à mon coffeeshop 10 à 15 variétés différentes, je devais constamment acheter et vendre. Vous payez un certain prix au kilo, mais lorsque vous achetez plus, le prix baisse. Donc j’avais l’habitude d’acheter 10-15 kilos, d’en vendre 5 ou 10 et de garder le reste pour le magasin à un prix bas, afin de pouvoir le vendre moins cher à mes clients. Je me suis amais trompé! Avec Henk du Bulldog, j’ai échangé de l’argent sans même le compter !

L’autre coffeeshop Mellow Yellow d’Amsterdam, fermé il y a seulement quelques années, portait le même nom mais n’était pas le tien…

Le nom était vacant, je ne l’utilisais plus. Ils voulaient garder le nom en mémoire du premier coffee, ce qui me convenait parfaitement.

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Un emballage de graines de l’époque.

En 1985, tu as créé le premier growshop au monde, Positronics. Quelles étaient les souches cultivées à l’époque ?

Je faisais partie de la Green Team (1980-1985). Notre objectif était de faire de la Hollande la “Jamaïque de l’Europe”. Un vieil homme appelé Old Ed était notre maître cultivateur. Il venait dans l’Oregon, aux USA. Lorsqu’il est venu aux Pays-Bas, il a apporté ses semences avec lui. En 5 ans, nous avons créé de nouvelles variétés telles que Hollands Hoop, Dame Blanche, Viking, Purple Power…etc. En 1985, la Skunk est arrivée sur le marché et cela a changé la donne. La Skunk était cultivée dans des serres et était une grosse productrice. Le plus important était l’aspect du produit qui paraissait moins vert et feuillu mais de couleur foncée. Les gens achètent du cannabis avec leurs yeux et la Skunk était superbe ! Tout à coup, tout le monde a voulu fumer le cannabis hollandais. La Green Team souhaitait s’étendre à 5 serres et gagner beaucoup d’argent et moi, je voulais changer le monde ! Je ne suis pas venu sur cette planète pour devenir un millionnaire illégal de marihuana, quelle perte de temps ! J’ai donc quitté la Green Team et créé en 1985 une entreprise personnelle,  Positronics, spécialisée dans la vente de semences, de clones, d’engrais et d’équipements de culture.

À cette époque, il ne devait pas y avoir beaucoup de matériel spécialement conçu pour la culture du cannabis…

Je savais qu’il fallait acheter de la terre et des engrais, tels que des émulsions de poisson, et bien sûr, continuer à produire des semences. C’était juste beaucoup de travail ! Au début, j’ai importé des lampes des USA, puis d’Angleterre. Mais importer prenait beaucoup d’énergie et je ne pouvais pas faire face à la demande. J’ai donc conçu mon propre système d’éclairage et mon propre réflecteur. Les composants électroniques étaient faciles à acheter, les réflecteurs étaient spécialement conçus pour moi.

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Une annonce pour le service d’information téléphonique Bush Doctor et le Sinsemilla Fan Club.

Tu es donc le fondateur de ce magnifique journal appelé Soft Secrets. Je suis très curieux de savoir comment était cette première version (uniquement en néérlandais)…

J’étais abonné à un service de news qui m’envoyait chaque semaine une pile d’articles sur le cannabis ou les coffee shops publiés partout aux Pays-Bas. J’ai été surpris de voir combien de choses ont été écrites sur le sujet. Au début, je voulais juste partager toutes ces informations avec les propriétaires des coffeeshops et d’autres personnes du monde du cannabis. Ma devise était « knowledge is power »  et l’idée était d’informer les gens sur ces «Soft Secrets». J’ai donc engagé une jeune femme appelée Yolanda pour faire une présentation mensuelle des articles les plus importants. Nous imprimions alors 200 à 300 exemplaires qui étaient envoyés à nos abonnés.

L’étape suivante consistait à créer un journal sur le cannabis contenant des coupures de journaux, mais également des articles rédigés par nos propres journalistes, afin de contrebalancer la foutaise et les absurdités écrites au sujet du cannabis. J’ai aussi aimé l’idée de pouvoir publier gratuitement des annonces dans mon propre journal ! Yolanda a commencé à diriger des journalistes et des photographes, produisant chaque mois un meilleur journal !

J’ai gardé tous les numéros mais ils ne sont pas facilement accessibles. Ils sont profondément rangés au milieu de nombreuses archives et donc pas faciles à retrouver.

La meilleure chose dans tout cela : j’ai épousé ma rédactrice en chef Yolanda et nous sommes toujours mariés !

Selon toi, quel est actuellement le meilleur coffeeshop en Hollande ?

Birdy à Haarlem. Je pense que Haarlem est actuellement la plus belle ville néerlandaise si vous voulez visiter des coffeeshops et vous sentir libre. C’est l’héritage de mon vieil ami, Nol van Schaik, propriétaire des magasins Willy Wortel, récemment décédé.

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La première version de Soft Secrets publiée à partir de 1985 (extrait du livre Fumée Clandestine 2 de JP Galland)

Tu cultives toujours de la marijuana ?

Bien sûr, mais seulement pour le plaisir, mon jardin est ombragé, avec beaucoup d’arbres. Mais j’encourage beaucoup de patients non-fumeurs à cultiver de la marihuana afin de produire gratuitement leur propre huile de THC. Chaque visiteur de mes présentations et des « Mediwietmarkets » reçoit une graine de Citral gratuite, nous vendons également des graines de Citral dans notre boutique en ligne.

Tu travailles maintenant dans le domaine du cannabis médical. Quelles sont exactement tes activités?

En 2009, j’ai extrait de l’huile de THC pur Rick Simpson et l’ai trouvée trop forte pour la plupart de mes patients. J’ai donc eu l’idée de diluer l’huile de THC pure et de la fournir à mon réseau de patients qui s’agrandissait rapidement. Puis, j’ai décidé que je ne pouvais pas continuer comme ça ! J’étais en train d’exploiter un groupe de patients comme le faisait l’industrie médicale ! J’ai donc arrêté de vendre du THC et décidé d’enseigner aux gens à produire leur propre huile. J’ai inventé et breveté le « Cannolator ». C’est un appareil qui donne aux patients le même résultat et la même puissance que l’huile au THC, peu importe où elle est fabriquée, que ce soit en Europe ou  au pôle Sud. La dilution de l’huile pure Rick Simson est facile : vous devez la diluer avec de l’huile d’olive 3x (forte), 5x (régulière) ou 10x (pour les patients faibles, pour les enfants et les animaux). On estime que l’huile Rick Simpson pure contient environ 75% de THC, ce qui vous donne une assez bonne idée de sa résistance. Le Cannolator est également 50% plus efficace avec l’alcool. Aujourd’hui, nous avons au moins un cours hebdomadaire pour fabriquer de l’huile de THC.

En 2013, j’ai eu l’idée de diluer la résine de chanvre industriel, appelée Golyoli et de la vendre sous forme d’huile CBD. Le reste appartient à l’histoire. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes consomment des produits à base de cannabis et la grande majorité d’entre elles sont des gens ordinaires qui ne recherchent pas les effets psychoactifs.

Ces dernières années, beaucoup de choses ont changé et plusieurs pays ont légalisé le cannabis médical ou récréatif. Cela a-t-il changé quelque chose pour toi ?

Pas beaucoup… Les gouvernements font toujours la même erreur ! Ils pensent avoir le droit de déterminer ce qu’un autre humain est autorisé à penser ou à fumer. La légalisation ne m’intéresse pas, je veux que le cannabis soit gratuit ! Quand les gouvernements parlent de réglementation, je pense qu’ils devraient d’abord admettre qu’ils ont commencé la guerre contre le cannabis et l’ont perdue ! Il n y jamais eu autant de personnes qui utilisent dans le monde. Je pense que les gouvernements devraient s’excuser pour toutes les souffrances qu’ils ont causées et peut-être que nous pourrons ensuite discuter de la réglementation.

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