La nouvelle campagne anti-drogue du gouvernement
Le premier ministre Sébastien Lecornu lance une campagne anti-drogue. Pour lutter contre le narcotrafic, le gouvernement veut soutenir la mobilisation générale. Cette nouvelle campagne s’intitule « On paie tous le prix de la drogue »
En décembre 2025, un conseiller de Sébastien Lecornu sur les questions agricoles a du quitter son poste après avoir fait une overdose dans une « soirée festive » C’est ce que révèle le Canard Enchainé. Le premier ministre s’implique maintenant lui-même dans la lutte contre le « fléau » de le drogue. Il y a quelques jours, il a annoncé vouloir pratiquer des tests salivaires sur le personnel des ministères. Il lance aujourd’hui une nouvelle campagne de communication commune à tous les ministres de son gouvernement.
Le 17 décembre 2025, Sébastien Lecornu a pris la parole sur le sujet devant l'Assemblée nationale : « Ma conviction est qu'il faut une rupture. Et cette rupture ne peut prendre que deux formes, soit la dépénalisation, soit la mobilisation générale. Le Gouvernement refuse la première et vous propose la mobilisation générale. » Comme la quasi-totalité du gouvernement, le premier ministre veut appliquer une politique prohibitionniste très stricte et refuse toute idée de légalisation.
Ce type de campagne n’est pas une nouveauté. Parallèlement à la répression, le gouvernement finance régulièrement des campagnes dans les médias, notamment contre le cannabis, pour inciter les gens à ne pas consommer des produits stupéfiants.
« Le narcotrafic n'est plus un phénomène cantonné aux grandes métropoles. Il s'est infiltré dans chaque territoire, des villes aux zones rurales, jusqu'aux plus petites communes », nous explique le communiqué du gouvernement.
Le gouvernement nous présente des chiffres du trafic de drogues qu’il considère comme alarmants :
- Chiffre d'affaires générés par le marché de la drogue en France (toutes substances confondus) : 6,8 milliards d'euros
- Nombre de personnes impliquées dans ces réseaux : 200 000 , dont 10 000 mineurs (guetteurs, revendeurs ou passeurs )
- Quantité de cocaïne saisie en forte augmentation : 42 tonnes pour le premier semestre 2025 (contre 37,5 tonnes sur toute l'année 2024)
- Assassinats et tentatives d'assassinat liés au narcotrafic recensés en 2024 : 367
Selon, le gouvernement, « le narcotrafic ne met pas seulement en danger ceux qui y participent directement. Ses conséquences s'étendent à l'ensemble de la société française. » Il y aurait en France, selon l'OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives), 1,4 million d'usagers de cannabis réguliers. La cocaïne est la deuxième drogue illicite la plus consommée en France après le cannabis. Un million de Français en auraient consommé au moins une fois en 2023. La consommation de cocaïne aurait entrainé plus de 10 000 séjours hospitaliers et 130 décès.
« Sur le plan social et économique, le narcotrafic gangrène les quartiers, fragilise les commerces, alimente une économie souterraine fondée sur l'intimidation, l'extorsion et le blanchiment », nous explique le communiqué.
La campagne concerne toutes les drogues et en particulier la cocaïne.
Alors que la consommation des drogues est en augmentation depuis plusieurs décennies, le gouvernement continue de réprimer plutôt que d’accompagner ces évolutions sociétales.