Laurent Nunez présente le projet de loi Ripost

Olivier F
29 Mar 2026

Le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez a présenté le 25 mars dernier devant le conseil des ministres, un projet de loi particulièrement répressif. L’un des objectifs est de sanctionner plus sévèrement les. consommateurs de cannabis. Laurent Nuñez veut provoquer un « choc d’autorité. »


Après Gérald Darmanin et Bruno Retailleau, c’est au tour de Laurent Nuñez d’occuper le poste de ministre de l’intérieur. Comme ses prédécesseurs, l’ancien préfet de Paris est un prohibitionniste convaincu, qui lutte contre la consommation de cannabis.

Ripost signifie : « Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens. » Selon Laurent Nuñez, « ce texte ambitieux, résolument inspiré par les remontées du terrain, entend répondre de façon très concrète à la fois à la demande de nos concitoyens et à celle des forces de l’ordre en réunissant, dans un même projet de loi, un ensemble de mesures réclamées par eux et qui se révèlent aujourd’hui indispensables. »

Selon le gouvernement, « le projet est divisé en 9 axes distincts »

- L'usage détourné de protoxyde d’azote. De nombreuses personnes consomment cette nouvelle drogue particulièrement dangereuse et provoquent des accidents. Pour le moment, protoxyde d’azote et il n’existe pas de test salivaire ou autre pour le détecter.

- Les stupéfiants, dont le cannabis. L’objectif est de « responsabiliser le consommateur. » Laurent Nuñez veut augmenter l’amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants (AFD) à 500 euros au lieu de 200 (ou 150 si elle est payée dans les 2 semaines)

Laurent Nuñez a également présenté sur TF1 une mesure réglementaire qui ne fait pas partie du projet de loi : « C'est une mesure extrêmement dissuasive. » Si une personne est en récidive pour usage de stupéfiants, son permis de conduire pourrait être suspendu où même annulé par le préfet, simplement après plusieurs AFD, sans aucune preuve de consommation et sans être au volant au moment de l’interpellation. Le ministre de l’intérieur considère qu’une personne interpellé plusieurs fois avec de la drogue est en permanence sous emprise. « On peut penser que ces gens là, finalement, quand ils consomment régulièrement des produits stupéfiants, ils sont toujours sous l'emprise de drogues et ne peuvent pas conduire », a déclaré le ministre de l’intérieur le 24 mars dernier sur TF1.    

- Les mortiers d’artifice, qui sont utilisés comme des armes notamment contre les forces de l’ordre.

- Les squats et les meublés de tourisme. Le gouvernement veut lutter contre les squatteurs.

- Les rodéos motorisés, « pour appliquer une tolérance zéro. »

- Les free parties. Le but est de sanctionner plus efficacement « les dérives festives »

- La criminalité organisée

- Les moyens technologiques et juridiques

- Le continuum de sécurité

Une fois de plus, la consommation de cannabis, un crime sans victimes, est assimilé à des crimes très graves. La simple consommation de cannabis ne provoque aucun trouble à l’ordre public, contrairement à l’alcool.

Le projet de loi devrait être voté avant la fin de l’année 2026.

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