Présidentielles 2027 : la position des candidats sur le cannabis
Il ne reste que quelques mois avant les élections présidentielles. Le premier tour aura lieu le 18 avril 2027 et le deuxième tour, le 2 mai 2027. Quelle est la position des candidats sur le cannabis ?
Marine Le Pen
Le Rassemblement National est le parti le plus sévère pour les consommateurs de cannabis. Le fondateur du Front National Jean-Marie Le Pen voulait appliquer la peine de mort pour les dealers. Sa fille Marine Le Pen était sur la même position jusqu’en 2011. Marine Le Pen a abandonné la peine de mort mais elle reste fermement opposée à la légalisation ou à la dépénalisation. C’est aussi le cas de Jordan Bardella, qui devrait être premier ministre en cas de victoire du RN. Comme Marine Le Pen, il est opposé à la légalisation du cannabis récréatif mais pas au cannabis médical.
Le député RN anti-cannabis Jean-Philippe Tanguy aimerait punir les consommateurs avec des courtes peines de prison : « Quand les enfants de la bonne bourgeoisie, qui consomment de la drogue et font indirectement vivre un enfer aux classes populaires qui vivent dans ces quartiers, iront quelques jours en prison, ou auront des procédures judiciaires lourdes, ça leur rafraîchira l’esprit et ils auront un autre regard sur la drogue », a déclaré Jean-Philippe Tanguy sur BFM TV en aout 2023.
Marine Le Pen n’a pas repris cette proposition dans son programme pour le moment mais elle pourrait mettre en place des mesures plus sévères pour les consommateurs
Jean-Luc Mélenchon
« Je suis totalement contre le cannabis et c’est pour ça que je pense qu’il faut le légaliser ! » avait déclaré Jean-Luc Mélenchon sur sa chaîne YouTube en 2016. Il a longtemps été hésitant et se montrait agacé lorsqu’on lui posait des questions sur le sujet. Il s’est finalement laissé convaincre et a choisi d’inclure la légalisation du cannabis récréatif dans son programme.
Dans son programme pour 2027, il propose une légalisation avec monopole d’État mais donne peu de détails. En 2022, il proposait « une imposition similaire à celle du tabac. »
Au sein de La France Insoumise (LFI), certains députés se sont spécialisés dans le cannabis. C’est le cas d’Eric Coquerel qui a déposé un proposition de loi pour la légalisation et a participé à une table ronde avec le CIRC en 2026. Christophe Bex, a été président d’un groupe d'études sur le cannabis à l'Assemblée nationale en 2023.
Raphaël Glucksmann
Raphaël Glucksmann, qui vient de remporter la primaire de la gauche, est le candidat de Place Publique et du Parti Socialiste pour la présidentielle 2027. Il propose l’organisation d’une convention citoyenne pour trancher le débat sur la légalisation. Il s’oppose à la répression des consommateurs. « Envoyer la police faire la chasse aux fumeurs de joints n’est pas la solution. Ça va surcharger les forces de police et on ne les aura pas pour se focaliser sur les criminels » a déclaré Raphaël Glucksmann sur RTL en 2024.
Marine Tondelier
Les Écologistes sont depuis longtemps favorables à la légalisation du cannabis qui fait partie de leur programme pour 2027. « L'interdiction ne fonctionne pas. Nous devons légaliser et encadrer la consommation de cannabis. » a déclaré la candidate écologiste sur X en 2023. Dans leur programme pour 2027, les Écologistes proposent d’abroger « les lois et dispositifs liberticides. »
Gabriel Attal
L’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron est opposé à la légalisation. Mais dans une interview sur BFM en 2020, il a avoué avoir été un consommateur de cannabis ; Il se disait alors favorable à l’ouverture d’un débat.
Gabriel Attal a ensuite changé de position. Il ne demande plus de débat et lors d’une réunion avec des députés en 2025, il a proposé de pratiquer des tests salivaires aux piétons.
Édouard Philippe
Le concurrent de Gabriel Attal, lui aussi ancien PM de Macron, est un amateur d’alcool mais reste totalement opposé à la légalisation du cannabis récréatif. En 2019, lorsqu’il était encore premier ministre, il s’était dit favorable à une expérimentation du cannabis à usage médical.
Bruno Retailleau
Le candidat des Républicains, ancien ministre de l’intérieur d’Emmanuel Macron, est bien sûr totalement opposé à la légalisation et à la dépénalisation du cannabis. Il veut intensifier la répression contre les trafiquants et les consommateurs. « Si on autorisait, vous auriez des gens qui vendraient du cannabis avec un marché parallèle tenu par les trafiquants avec une teneur de THC supérieure ou des prix inférieurs » a déclaré Bruno Retailleau en 2025 sur le site de Ouest France.