Le breeding selon JGL

Le breeding à de nombreuses facettes et il existe plusieurs méthodes pour arriver à un but précis. Comment travailler ses souches ? Comment stabiliser une strain ? Comment conserver une landrace ? Comment sélectionner un mâle? Autant de questions auxquelles on va essayer de répondre simplement à l’aide d’exemples concrets. 
Dans un premier temps, il faut bien connaître ses attentes, son but, ce qui nous pousse à utiliser telle souche au lieu d’une autre, ce qu’elle va apporter, ce qu’on attend d’elle…Cela déterminera le choix du mode de travail et des souches utilisées. Dans tout travail de breeding, on privilégiera toujours la forme de graine régulière sauf bien entendu pour produire des graines féminisées. Tous ces travaux s’effectuent, bien sûr, sur le plus grand nombre d’individus possible.

Croisement de première génération appelé généralement F1

Nous allons commencer par essayer d’expliquer le travail sur un croisement de première génération. Pour cela, on prendra l’exemple de l’Afghanchitral. Le but dans ce croisement de première génération était d’obtenir une descendance plus résistante à la moisissure par rapport à l’afghan, qui est très faible sur ce point, tout en donnant un second souffle à la PCK en termes de puissance et de vigueur.
Pourquoi utiliser la PCK et comment choisir le bon mâle pour ce genre de croisement ? La PCK est une souche travaillée sur de nombreuses générations sous un climat tempéré ce qui lui affaire une bonne résistance globale au budrot.
Ceci dit, cette souche à toujours été travaillé dans un but de conservation, ce qui veut dire que tous les traits bons comme mauvais on était gardés. Donc, pour transmettre uniquement les traits qui nous intéressent, Nous allons travailler la souche en consanguin sur les traits désirés. Dans le cas de la PCK 2 générations consanguines on été suffisantes pour stabiliser les points importants.
• Mon 1er critère était la résistance aux moisissures. Sur ce point la souche était déjà stable.
• Mon 2eme critère était une couleur violette. La souche n’était pas stable de ce côté.
• Mon 3eme était un effet stoned. La souche n’était pas stable de ce côté non plus
• Mon 4eme était une puissance très élevée. La souche n’était pas stable sur ce critère.
• Mon 5eme était goût fruit rouge. La souche n’était pas stable sur ce point.
• Mon 6eme critère était la floraison courte. Sur ce point la souche était stable.
• Mon 7eme critère était une résine abondante. Sur ce point la souche était plutôt stable.
Comment ai-je procédé pour connaître ces critères et les stabiliser ? J’ai tout simplement cultivé la souche sur un nombre important d’individus, au départ de l’IBL pour cette souche. Je suis parti avec 35 graines que Kaiki m’avait offert. Je conseille, pour une bonne évaluation de la stabilité, un minimum de 50 graines. Sur celles-ci, je me suis permis de partir avec moins d’individus car je connaissais déjà très bien cette souche, l’ayant déjà cultivée à plusieurs reprises sur un très grand nombre d’individus.
Sur les 35 graines j’ai sélectionné un mâle et une femelle selon mes critères. Il restait donc 4 critères, vu que 3 étaient déjà stabilisés :
• Couleur violette
• Effet stoned
• Puissance très élevée
• Goût fruit rouge
J’ai recommencé une seconde fois la sélection de la deuxième génération sur 50 graines cette fois-ci et sur les même critères. Sur la troisième génération, j’ai estimé la ligne stable sur les critères choisis. Durant la sélection, si toutes les femelles sont stables pour les critères choisis , il y a de grandes chances qu’il en soit de même pour les mâles. J’ai donc sélectionné puis testé mon mâle.
Une fois travaillée, cette souche sera donc stable sur les points sélectionnés et on aura créé notre lignée parente qui devrait transmettre ses traits à la descendance. La sélection du mâle est alors facilitée. Grâce à cette stabilité, une grande partie des mâles de la lignée créée devrait être bonne. Cependant, une sélection est tout de même importante et des tests de chémotype et taux de cannabinoïde pourront aider pour la transmission d’un certain chémotype et d’une puissance importante.
Les étapes pour la femelle seront les mêmes à part dans le cas d’un clone. Pour ce dernier cas, il est bon de connaître la souche dans sa globalité. Une fois le mâle sélectionné, on peut le croiser avec notre femelle et tester la descendance. Le but sera atteint si une bonne majorité des individus sont ce que vous espériez de votre croisement.
Un autre exemple possible d’un croisement de première génération est le cas de la DoubleJam. J’’ai choisi de sélectionner les parents sur des lignées parentales travaillées sur plusieurs générations, pas en amélioration mais plutôt en conservation,. On verra la signification de ces deux modes de breeding un peu plus tard. J’ai donc sélectionné une femelle dans la ligne de la Jamaican Lambsbread et un mâle chez la JBM pour ainsi offrir une plus grande diversité en première génération pour que les growers puissent sélectionner/travailler sur un plus large panel. C’est le souhait généralement, des growers de landrace qui aiment entretenir une diversité dans la souche dans un but de préservation/conservation.
Donc, en gros, le plus important au départ, est le choix de la souche. Globalement, je déconseille les polyhybrides qui seront très hétérogènes dans leurs descendances pour effectuer des croisements de première génération. Mieux vaut se tourner vers quelque chose de plus stable, travaillée en IBL et/ou travaillée sur une ligne pendant quelques générations avec des critères de stabilisation avant d’effectuer un croisement F1.
La sélection des souches femelles est toute aussi importante pour l’homogénéité de la première génération.
Dans le cas d’une amélioration d’une souche en travail consanguin type IBL, comment choisir les parents initiaux ? Comment travailler ensuite ?
On peut, après un croisement de première génération, choisir de travailler sa souche en amélioration. Dans le cas d’un croisement ou d’une souche riches en gènes, landrace de provenance directe, clone select sur du P0, ligne travaillée uniquement sur des pollinisations de grand nombre d’individus en se souciant uniquement de la monoécie (conservation) ou polyhybride (croisement d’un mâle et d’une femelle de type hybride), c’est souvent indispensable pour obtenir une strain homogène.
Dans ce cas de breeding, on va prendre l’exemple de la Zamalmystik. La mère du cross était une femelle Zamal sélectionné sur une lignée de 1980 collecté à Mafat. Cette lignée était très hétérogène. J’ai donc choisi de travailler la souche sur plusieurs générations car les parents initiaux étaient issus de ligne riche en diversité : une simple femelle Zamal de provenance direct croisée avec un polyhybride hollandais sans travail de consanguinité préalable.
Dans cet exemple, on va lancer un maximum de graines de première génération pour voir ce qui l’en sort ! Mon objectif était simple dans le cas de la Zamalmystik : obtenir une souche proche du Zamal en terme de goût et d’effet mais avec les avantages des souches hybrides, c’est-à-dire, rapidité, productivité et puissance accrue.
Après avoir lancé le maximum de graines et sélectionné mâles et femelles, on commence dès la première génération, le travail de consanguinité (1 mâle/1 femelle).
A la deuxième génération, on mettra toute les lignées créées à germer séparément. Dans le cas de la Zamalmystik, trois lignées ont été travaillées indépendamment et on recommence le travail de consanguinité et cela, jusqu’au moment où la souche est à l’image de ce que l’on recherche. Pour la Zamalmystik, j’ai effectué 5 générations consanguines (F6 dirons-nous). Le travail de consanguinité se termine quand vos critères de sélection sont stables. Bien entendu, la ligne ne sera pas stable dans ça globalité mais stable sur les traits que vous avez sélectionnés.

Le back cross ou retro croisement

Dans le cadre d’un back cross, le but est souvent le même : se rapprocher d’un clone sous forme de graine mais pas forcément à l’identique. On va prendre l’exemple de la Coljam pour cette méthode.
Pour la Coljam en première génération, issue de deux lignes travaillées consanguinement, beaucoup des individus étaient plus dominants Lambsbread, ce qui peut être bien dans une certaine mesure. Cependant, comme à coté, je vends la Doublejam avec des individus se rapprochant énormément de la Lambsbread aussi, j’ai voulu lui donner une dominance colombienne, sa propre personnalité !
Déjà, à la base, le croisement de première génération n’avait pas de but précis si ce n’est partager un croisement avec deux souches mythiques. Donc, pour lui donner une dominance colombienne, j’ai effectué une sélection sur les mâles Coljam première génération sur des traits colombiens ainsi qu’un un back cross sur ma femelle colombienne.
Il en résulte une dominance prononcée colombienne tout en gardant une certaine diversité et des expressions jamaïcaines, un bon mix dominant colombien. Dans le cas d’un désir de rapprochement plus marqué sur la femelle, j’aurais pu continuer les backcross jusqu’à environ BX7 pour obtenir non pas une expression parfaite de la femelle, mais quelques chose qui s’approche très fortement. C’est le travail que j’effectue sur la Durbanghani.
En ce qui concerne les souches landrace ou consanguines, trois méthodes principales : la conservation, la préservation et l’amélioration.
Dans la première, la conservation, on utilisera un maximum d’individus à chaque reproduction pour garder un maximum de diversité génétique. Cette méthode est la plus souvent utilisé par les growers des souches landrace dans leurs pays d’origine mais aussi par un nombre important de growers conservant des landraces.
Dans la seconde, la préservation, on utilisera un grand nombre d’individus pour la sélection et on reproduira uniquement avec les meilleurs individus qui caractérisent cette souche. Celle-ci est la plus souvent utilisée par les growers de landrace avec comme premier critère, la monoecie mais aussi en écartant les critères les moins représentatifs de la souche tel que des traits indica dans une souche sativa…
Dans la troisième, l’amélioration, on sélectionnera sur un grand nombre pour ensuite ne choisir qu’un mâle et une femelle par lignée à chaque génération. C’est l’étape qui est souvent faite avant d’utiliser une landrace pour des croisements mais aussi pour avoir une ligne élite d’une souche, ce qui n’empêche pas de créer une ligne parallèle en méthode de préservation.

Éviter la dépression de consanguinité

Une question importante en breeding, concernant les lignées consanguines, revient souvent : comment éviter la dépression de consanguinité ? Plusieurs solutions s’offrent à vous. La première consiste à croiser une ligne parallèle de la même souche (exemple Zamalmystik ligne 4 croisé avec le Zamalmystik ligne 13) Cette solution va fonctionner parfaitement. Ceci dit, elle vous fera perdre la stabilité de vos critères. Une autre solution s’applique en breeding cannabique. Il s’agit de reproduire la souche avec le plus grand nombre possible d’individus dés que les critères voulus sont stables, ce qui correspond à l’étape conservation citée auparavant.
A SUIVRE… Deuxième partie dans le prochain numéro.
Auteur: JGL

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