Roc-Hill, un spot de guérilla permacole

Soft Secrets
18 Feb 2016

En cette période de l'année, on peut commencer à penser à ses projets en outdoor et à se mettre en quête du terrain adéquat.


En cette période de l'année, on peut commencer à penser à ses projets en outdoor et à se mettre en quête du terrain adéquat. Voleurs, gendarmes, chasseurs ou promeneurs indélicats sont autant de facteurs à prendre en compte que le climat, les animaux sauvages ou autres nuisibles et maladies quand on cultive en outdoor. Des arrosages réguliers peuvent être une dure épreuve pour le cultivateur pour au final, aboutir à néant... Ras le bol de ce foutu manège ! Tonton Stik vous présente sa méthode pour enfin récolter votre herbe d'extérieur aisément. Merci qui ? Merci Tonton !

Par Tonton Stik À 1200m d'altitude, dans les Alpes sur un versant sud, je prépare une surface de permaculture en guérilla. Roc-Hill, une colline de roches calcaires où prospèrent pins, buis, lavandes et genévriers. J'utilise une méthode de permaculture, la "butte-lasagne", sans aucun labour ni arrosage. Les lasagnes ont de nombreux intérêts pour le jardinier. Elles contribuent à la constitution d'un humus riche et équilibré qui permet la culture de sols inappropriés, caillouteux, hyper-tassés ou trop argileux. Ces buttes-lasagnes maintiennent une humidité constante, car elles retiennent l'eau de pluie, l'évaporation du sol et la condensation et permettent un arrosage réduit voire absent, dans la plupart des cas. [caption id="attachment_70714" align="alignnone" width="500"] Coupe d'une butte-lasagne.[/caption]
Fini les coups de pioche sous le cagnard ! Pour choisir son spot, on utilisera seulement des matières premières se situant dans un périmètre de 30, 50 ou 100m maximum. Le plus gros du travail consistant principalement à les déplacer. Après avoir repéré et débroussaillé son spot, on dépose des couches successives à même le sol pour obtenir des buttes-lasagnes de matières organiques qui, en se dégradant, formeront un substrat idéal. Des minéraux (argiles, calcaires, sables...) peuvent être ajoutés pour compléter cet ensemble. Pour les façonner, j'utilise des matériaux issus de l'environnement immédiat tout en veillant à conserver une grande partie de la flore locale. Non seulement pour sa discrétion, mais surtout pour préserver sa biodiversité et ainsi bénéficier de sa protection. Je dispose alors ces couches de la façon suivante: troncs d'arbres morts, branches mortes, branchâges et déchets verts, compost ménager, fumiers. Je recouvre le tout de paillage avant d'y ajouter une dernière couche d'humus forestier qui permet de rendre au sol son aspect initial et d'y ajouter un grand nombre de graines sauvages qui couvriront rapidement (2 à 3 semaines) la butte d'un tapis végétal bénéfique. Puis ce sont les vers de terre, les cloportes, les mille-pattes, fourmis et autres petits animaux (macro-organismes) qui les premiers vont digérer et transformer ces différentes couches. Les micro-organismes (trichoderma...) vont, à leur tour, décomposer les déjections de ces insectes libérant un grand nombre de nutriments directement assimilables par la plante. Plus besoin d'arroser ou d'amender. Le sol demeure meuble et fertile. Désherber devient donc inutile et même néfaste au biotope. Il ne reste plus qu'à introduire des semis, boutures ou plantes en pots. [caption id="attachment_70715" align="alignnone" width="500"] Vue d'ensemble.[/caption] Fini les bidons! Début juillet, la veille d'une grosse pluie, j'ai placé une Critical x Haze femelle et 3 Blueberry x Thaï Skunk dans ma butte. Après avoir écarté le substrat puis planté mes mottes, j'ai pris soin de recouvrir la base des pieds avec la paille et l'humus. Quand je les ai sorties du placard, elles étaient en pots de 6L et mesuraient 30 cm de haut environ. Un mois plus tard, première visite, surprise!... Je constate que mes petites ont pu s'épanouir et croître dans d'excellentes conditions. Je soulève la paille au pied des plantes et remarque que l'humidité y règne, et ce même après plusieurs jours de chaleur. J'observe qu'elles n'ont aucun signe de carence ou d'excès. Après un stretch surprenant, la hauteur, le diamètre et les ramifications avaient largement triplé durant ce début d'été caniculaire. De petits pompons floraux avaient fait leur apparition sur les Blue-Thaï, tandis que la Critical continuait de prendre de l'ampleur. Je les ai palissées avec les moyens du bord: des branches mortes posées sur les plantes afin d'augmenter leur ensoleillement. J'en profite aussi pour y introduire une vingtaine de boutures de Jamaïcan Orange Hill Skunk et décide de repasser plus régulièrement pour observer l'évolution de ces landraces. [caption id="attachment_70716" align="alignnone" width="500"] Trois variétés séchées et manucurées.[/caption] Moins d'efforts, plus de réconfort! A l'approche de l'automne, une belle sénescence promet une récolte de qualité. Les sommités compactes des Blue-Thaï exaltent un parfum doux et fruité avec des notes marquées d'orange et de fraise. La Critical dégage des senteurs musquées, boisées et des touches persistantes de citron. Les Jamaïcaines, quant à elles, sentent une odeur de mangue-agrumes et de skunk. D'après certains experts, le milieu forestier apporte aux végétaux davantage de terpènes et autres principes actifs. En effet, leur qualité bio se fait ressentir lors de leur dégustation. L'humus naturel semble apporter aux buds un certain goût d'authenticité. J'ai obtenu une moyenne de 60g/plante pour la Critical et les Blue. Les petites boutures jamaïcaines ont produit un total de 35g ainsi que quelques graines pour les guérillas prochaines!
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