Dr Françoise Maillard patiente et experte

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Fin septembre à Paris, rendez-vous Place d’Italie au Café Margeride. C’est un grand plaisir de converser avec le Dr. Françoise Maillard, spécialisée en psychopharmacologie et dans l’usage de substances psychotropes en médecine. Le Dr. Maillard est aussi une patiente qui utilise du cannabis pour se soigner et a donc le point de vue privilégiée d’un spécialiste de la santé sur les nombreux usages du cannabis.

SSFR: Pouvez-vous nous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Françoise Maillard et j’ai 65 ans. Je suis médecin à la retraite depuis 3 ans. J’ai étudié et travaillé pendant tout ma carrière à Paris. En 1999 j’ai eté diagnostiqué une maladie autoimmune, une forme primaire et progressive de sclérose en plaques.

Comment avez-vous traité la maladie avec les medicament disponibles en France? Avez-vous souffert des effets secondaires liée au traitement ?

Pour lutter contre l’inflammation, au tout début pendant 2 ans, avec des immunosuppresseurs et ensuite avec une très forte dose de corticoïdes avec des problèmes concernant la minéralisation des os. A partir de 2004, j’ai commencé, 3 fois par ans, des injections de bolus corticoïde que j’ai du arreter par rapport au risque de développer une ostéopénie. Au bout de 10 ans de maladie j’ai commencé à avoir de la spasticité, surtout à niveau des jambes, et maintenant au niveau de la main droite. J’ai traité ce problème avec du Lioresal (antispastique), sans aucun effet mais qui ,par contre, m’a donné de la somnolence. Ensuite j’ai pris du Dantrium que j’ai du aussi arrêter après quelques semaines car, de que les annalyses disaient, il avait abimé mon foi, devenu presque celui d’un alcoolique. J’étais donc bien embêtée car la spasticité devenait de plus en plus importante et on ne trouvait pas de solution sans des effets collatéraux tellement sévères.

Comment avez-vous découvert les usages médicaux du cannabis ?

Je savais que le cannabis aurait pu m’aider, car il a des effets relaxants sur le muscles, donc pour moi, c’était une évidence. En plus, je connaissais des autres patients qu’en consommaient pour la même motivation et ainsi je pris la décision d’essayer. Premièrement, je ne voulais pas l’acheter n’importe ou dans la rue, alors mon fils m’a dit qu’un ami à lui aurait pu me dépanner en me fournissant du hashish de qualité.

Aviez vous déjà consommé des dérivés du cannabis ?

Pas du tout. Je ne savais mème pas comment rouler une cigarette et j’ai du demander à un copain de le faire pour moi. Quand la cigarette était prête, j’étais chez moi et j’ai essayé. Je n’étais pas capable d’avaler la fumé. Alors, mon fils a eu l’idée de demander a un ami cuisinier de me préparer un space cake. Je l’ai coupé en morceaux dee différentes tailles et chaque soir, j’en a mangé un de taille toujours un peu plus grande. La quatrième soirée, j’ai finalement décollé. J’ai eu la sensation de me réveiller d’une anesthésie générale.

Vous n’avez pas aimé alors ?

Dans cette expérience, l’effet mental était trop fort par rapport à l’effet physique et ça ne me convenait pas. On était en 2015 et c’est à ce moment que jai du ouvrir mon porte monnaie pour acheter du Sativex pour la première fois.

Comment avez vous acheté du Sativex s’il est pas commercialisé en France ?

Je n’ai pas acheté le Sativex en France mais en Suisse suite à la prescription de un médecin de Lausanne. J’ai payé grossomodo 600 euros ( 3 flacons) pour un mois. Le Sativex est un traitement symptomatique, moi je suis réussi à trouver mon équilibre en utilisant 3-4 pulvérisations dans la matinée et quelques pulvérisations le soir, quand je dois sortir. Finalement, au niveau de la spasticité, l’amélioration était nette, elle était bien sur encore la, mais elle avait baissé énormément. Ça n’avait rien voir en terme de qualité de vie.

Vous êtes encore obligé de vous rendre à l’etranger pour vous soigner ?

Ça reste encore l’unique et seule option ar le Sativex n’est pas disponible en France et je dois me rendre en Suisse 2 fois par an.

Comment jugez-vous la vie des patients qui en France ont besoin du cannabis pour se soigner ?

C’est dégueulasse, car moi j’ai eu les connexions et les moyens pour payer, mais je me demande comment ils s’en sortent, les autres patients. On peut bien dire qu’il s’agit d’une médecine à 2 vitesses. Ainsi, quand on n’a pas des connexions ou les moyens économiques on est obligé de se rendre au marché noir au sinon on n’a pas des choix.

Beaucoup des patients font face au manque de cannabis avec l’autoproduction domestique. Que pensez vous de ce phénomène ?

Je trouve ça très bien, mais je ne peux pas car je n’ai pas la main verte !

Quelles perspectives pour les usagers thérapeutiques de l’Hexagone ?

En décembre 2018 le Ministre de la Santé a annoncé qu’un comité d’experts allait étudier le dossier sur l’usage du cannabis en médecine. Le processus est très long. L’autorisation à la mise sur le marché du Sativex date de Janvier 2014 et il est pas encore disponible en 2019.

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